Tizan Lerwa a donné samedi soir le coup d’envoi du Festival de Théâtre que propose l’agence Immedia au théâtre Serge Constantin, à Vacoas jusqu’au 31 juillet, puis en reprise du 10 au 17 août. Avant de s’imprégner du théâtre rodriguais avec la troupe de Luc Clair demain soir, le public a pu découvrir un nouveau Tizan, adulte et revisité par Henry Favory, Juanito Francisco qui endosse ce rôle à multiples facettes, dans une troupe de onze comédiens qui se sont ainsi prêtés aux facéties d’une royauté qui rappelle étrangement certaines réalités contemporaines, ainsi qu’aux rêves d’un homme prétendument naïf, que nous devrions peut-être mieux écouter.
« Tizan Lerwa li inspiré par personaz Tizan ek tradisyon Commedia dell’arte pou montré ki loter asé onet pou explik san okenn kondiderasyon pou sertenn savan lokal pou akord letiket morisyen a zist seki fer parti zotbann… » Le metteur en scène Henry Favory prévient les spectateurs en ces termes dans le programme diffusé à l’occasion du nouveau festival de théâtre, qu’il a inauguré avec ses comédiens samedi soir devant une salle presque remplie. Suite à un désaccord avec sa femme, Tizan quitte sa maison et rencontre Ton Bikoss qui va s’appuyer sur sa ressemblance physique avec le roi pour lui permettre de réaliser son rêve le plus cher.
Juanito Francisco deviendra à partir de ce moment tour à tour le roi ou Tizan, et les comédiens s’adonneront à une parodie des pouvoirs dont les agissements et anecdotes font parfois penser à des événements récents de l’actualité mauricienne. Dans le respect de la tradition du théâtre de la troupe Favory, il arrive dans Tizan Lerwa que l’on joue de la musique, que l’on chante et danse sur scène. Parmi les onze comédiens, Marie-France Favory, comédienne et enseignante de théâtre émérite, apparaît comme le public n’a jamais eu l’occasion de la voir, créant ainsi un étonnant effet de surprise.
À travers ses nombreux personnages et ses situations, cette pièce bouffonne le pouvoir à la manière Favory. Qu’il s’agisse des épouses de Tizan, sa femme ou la reine quand il devient roi, de son conseiller et informateur Golik interprété par Jean-Noël Lefou avec son assistante Danzwin, de Rosy ou encore de Zazak le garde du corps qui fait rire la salle à chaque apparition, ou même de Kopo armé de son balai (en guise de fusil) pour balayer tout les ennemis du pouvoir, tout ce beau petit monde illustre à merveille les travers d’un roi soucieux d’aligner les conquêtes amoureuses plus que de satisfaire ses citoyens, blessant son épouse qui ne rêve que de se venger.
De l’avis de certains spectateurs présents, cette pièce noie parfois un peu ses spectateurs dans un flot de paroles en raison de sa durée amenant quelques lourdeurs, voire des répétitions inutiles. Les comédiens entrent pour la plupart en scène par la salle. Dans un décor on ne peut plus minimaliste (juste un écran blanc en fond de scène), les personnages apparaissent tous vêtus de blanc, sauf lorsqu’une scène de séga est interprétée avec toutes les couleurs qu’exige cette forme d’expression de nos jours. Tizan Lerwa sera à nouveau présentée au public le 15 août prochain, à 20 h.