En ce jour de la fête de l’Assomption, Scope a suivi les étapes de la préparation du fameux “gâteau Marie”. Comme le faisait son père Manikon Canarapen, fondateur de Vatel Bleu, Denis Canarapen et ses employés de la boulangerie et pâtisserie Ile de France à Rose-Hill se font un devoir de perpétuer cette coutume locale. Il en sera aussi de même à travers l’île, puisque la reine de cette célébration, qui se distingue par sa couleur bleu et blanc, demeure un incontournable lors des divers déjeuners ou dîners de famille.

Les stocks d’ingrédients sont déjà faits. Les batteuses et fours de la boulangerie et pâtisserie Ile de France à Rose-Hill seront mis à rude épreuve d’ici quelques jours pour la cuisson d’environ 200 gâteaux Marie. Mais pas de quoi stresser le propriétaire Denis Canarapen car “ce n’est qu’un petit supplément pour nous.

Depuis le temps, nous sommes habitués à cette situation. Je dirai même que de nos jours, les choses sont plus faciles. À l’époque de mon père, la préparation des gâteaux se faisait à la main et croyez-moi, je redoutais les semaines précédant la fête de L’Assomption. Les mains de treize enfants n’étaient définitivement pas de trop pour préparer les 2 000 gâteaux. Matin, midi, soir, nous étions plongés de la tête aux pieds dans la farine, jusqu’à ne plus avoir envie de voir les gâteaux ou même y goûter”.

Signe de partage

Aujourd’hui, il nous assure n’avoir aucune rancune contre ce fameux gâteau. D’ailleurs, chaque année, comme veut la coutume, la fête de L’Assomption sera une période de pointe où ses fidèles clients afflueront. En sus des habituels gâteaux d’anniversaire ou autres confiseries et viennoiseries, les vitrines donneront priorité à la star des fêtes. Nul ne peut expliquer d’où vient cette tradition du gâteau Marie. Selon Denis Canarapen, “il ne faut pas le voir sous un angle commercial. Il fait juste partie de beaucoup d’autres coutumes que les Mauriciens, sans distinction de religions, ont pour habitude de suivre sans vraiment savoir pourquoi. C’est un signe de partage entre parents, proches et amis. Disons que chaque fête est marquée par un gâteau. Une bûche pour la Noël, un plum-cake pour le Nouvel An ou encore au chocolat pour la Pâques”. Donc, peu importe “ki ou ena mari ou pa”, le gâteau Marie sera bel et bien présent en ce jour où les catholiques célèbrent l’élévation de la Sainte Vierge au ciel après sa mort.

“Vive Marie”

Si le mystère autour de l’origine du gâteau Marie reste entier, les ingrédients ne sont quant à eux pas un secret. De la farine, des œufs, du sucre et beurre sont mixés puis enfournés dans des moules de plusieurs formes et dimensions. Du côté de Ile de France à Rose-Hill, ils ont choisi le massepain, que d’autres appellent aussi pâte de mariée ou cake. Cette recette de base s’est transmise de père en fils. Il s’agit de celle de Manikon Canarapen, qui avait racheté cet emplacement en 1970 après avoir fondé Vatel Bleu dans les années 60. Aujourd’hui, Denis, aussi bien que Percy et Keddy, basés eux à Curepipe, suivent le même principe puisque “c’est un style de gâteau qui a toujours plu aux Mauriciens.

De nos jours, grâce aux machines de pétrissage, la pâte est plus aérée et moins compacte et bourrative. J’avoue cependant que le goût n’est pas comparable à ce que faisait mon père mais il demeure bon et satisfait nos clients”, explique Denis Canarapen en gardant un œil sur l’un de ses pâtissiers, qui s’attelle à donner des couleurs au modèle de gâteau prévu pour L’Assomption. C’est à l’aide d’une spatule que ce dernier applique une fine couche de crème fondante blanche au sucre.

Puis, soigneusement, à l’aide d’un cornet, il commence la décoration. En un tour de main, il dessine de petites fleurs bleues avant d’y inscrire « Vive Marie » et poser une statuette en sucre de la sainte Vierge. Et c’est fin prêt.


Recette du massepain

Ingrédients pour 4 à 6 personnes :
175 g de sucre en poudre
175 g de farine
175 g de beurre mou
3 œufs
2 cuillères à soupe de levure
Une pincée de sel
Facultatif : 1 cuillère à soupe de rhum, essence de vanille, une poignée de raisins secs ou d’amandes écrasées grossièrement
Glaçage : 40 g de beurre mou, 50 g de sucre en poudre, Essence de vanille, colorant alimentaire

Préparation :

Beurrer le moule à gâteau (rectangle 20×10 cm ou rond de diamètre 20 cm), et saupoudrer de sucre. Préchauffer le four à 180 °C.
Dans un saladier, mélanger la farine, la levure et le sel.
Dans un autre saladier, battre le beurre jusqu’à ce qu’il soit crémeux. Ajouter le sucre et continuer à battre pendant 5 minutes, jusqu’à ce que la préparation soit légère et mousseuse. Ajouter les œufs, un par un, et battre à nouveau jusqu’à ce que le mélange soit bien homogène.
Ajouter la farine en trois fois et mélanger. Mettre la préparation dans le moule beurré. Tapoter le moule pour éliminer les éventuelles bulles d’air. Faire cuire pendant 35-40 minutes à 180 °C, en plaçant le moule assez bas dans le four (pour éviter que le dessus ne cuise trop fort).
Pour vérifier la bonne cuisson, piquer une pointe de couteau dans le gâteau : elle doit ressortir sèche.
Pour glacer le gâteau : tourner en crème 40 g de beurre et 50 g de sucre en poudre. Parfumer d’essence de vanille et incorporer un colorant. Etaler ensuite la préparation sur le gâteau.