En 1994, le monde de Danielle Maca s’écroule lorsqu’elle perd son fils de 20 ans dans un accident de voiture. Vingt-quatre ans après, la douleur est toujours aiguë. Une souffrance qui perdure et qui ne s’estompera jamais. À l’approche de la fête des mères, la tristesse de Danielle Maca reprend le dessus, comme avant chaque fête. Ses pensées sont dirigées vers ce fils qui s’en est allé beaucoup trop tôt.

Danielle Maca, 69 ans, que nous rencontrons à Mangalkhan à Floréal, nous accueille avec le sourire. Un sourire qui disparaît dès qu’elle évoque son défunt fils. S’efforçant de retenir ses larmes, elle nous parle de ce dernier avec beaucoup de tendresse et de fierté. “Percy était un bon garçon. Ça a été très dur de le perdre à un si jeune âge.” Vingt-quatre ans après le drame, la douleur est toujours aussi intense. “La souffrance est toujours là. Il y a des moments où je peux en parler mais il y en a d’autres où je pleure sans arrêt.”

Elle a pris beaucoup de temps pour accepter la perte de son fils, d’autant qu’il était le seul à succomber parmi les cinq occupants de la voiture accidentée. “Je me suis demandé pourquoi c’est lui qui est parti. Je ne voulais pas que les autres périssent, mais cela m’a pris beaucoup de temps pour l’accepter. Pendant six mois, j’ai vécu sous antidépresseurs, j’avais perdu la foi en dieu.” Reprendre le travail après l’accident a été très pénible puisque son fils et elle étaient collègues. “Nous avions l’habitude de déjeuner ensemble; c’était très dur. Mais la vie doit continuer. Cela peut arriver à n’importe quelle maman.”


Se rappelant le jour où sa vie a basculé, elle ne peut s’empêcher de verser une larme. C’est avec une voix meurtrie qu’elle relate ce mauvais souvenir. “Je me souviendrai toujours de ce 26 décembre 1994. Nous nous étions rendus à la plage et, le soir, il est sorti avec des cousins et des amis. Avant de s’en aller, il est venu nous dire au revoir. Mon mari lui a dit de ne pas trop boire et il a répondu : Pena problem papa. Ce sont les derniers mots qu’il nous a adressés.”

“Il a rendu l’âme devant moi”.
Un peu plus tard dans la soirée, un appel de la police les avertit que Percy a eu un accident. Trente minutes plus tard, Danielle Maca, accompagnée de sa fille et de son gendre, est à l’hôpital Jeetoo. “J’ai vu mon fils assis dans la salle d’attente. Je me suis approché de lui, je lui ai tenu la main et lui ai demandé ce qui s’était passé. Il n’a rien pu me dire et a rendu l’âme devant moi. Il a attendu que j’arrive avant de rendre son dernier souffle. J’ai crié, j’ai pleuré, j’ai demandé aux nurses s’il était décédé. Elles m’ont dit qu’il avait seulement perdu connaissance. On m’a demandé de sortir, mais je savais qu’il avait rendu l’âme.”

Quelques instants plus tard, on annonce le décès de Percy à la fille de Danielle Maca. “J’ai vu ma fille donner des coups de pied dans les poubelles. Je suis allée vers elle pour demander s’il était mort, elle n’a pu me répondre. Ce n’est que quelques instants plus tard qu’elle m’a l’a appris, en faisant un signe de la tête. À cet instant, j’ai perdu la tête, je suis devenue folle, je ne comprenais plus rien.”

Aujourd’hui, aucune fête ne se passe sans que la tristesse envahisse le cœur de Danielle Maca. À l’approche de la fête des mères, elle sait que l’émotion sera difficile à soutenir. “À chaque fête, nous pensons très fort à lui. Nous allons au cimetière et faisons une prière pour lui. L’émotion est très forte, surtout le 6 mai, jour de son anniversaire. Tout le mois de décembre n’a plus jamais été pareil pour nous.”
Danielle Maca esquisse tout d’un coup un sourire. “Je souris en pensant à ce que me disait mon fils. Il me disait : “Maman, tu es une belle femme, tu dois sourire”. Il n’aimait pas me voir triste.”