Commentant hier le rassemblement du Remake 2000 pour la Fête du Travail, sir Anerood Jugnauth parle de « foule sans égale pour un meeting du 1er mai à Port-Louis ». L’ancien président de la République et leader de l’alliance de l’opposition juge que le « verdict » de ce mercredi a été « sans appel » avec, selon lui, le déplacement de « pas moins de 25 000 personnes ». « Le pays est comme frappé par une malédiction », estime-t-il par ailleurs, quand il évoque le terrible accident de la route de vendredi sur l’autoroute à Sorèze. Accident qui a fait 10 morts et des dizaines de blessés, et qui est survenu quelques temps seulement après les inondations meurtrières du 30 mars dernier.
SAJ déclare qu’un profond sentiment de tristesse anime le pays depuis le terrible accident de vendredi sur l’autoroute à Sorèze. Il rappelle que depuis que des travaux d’infrastructure sont en cours sur la voie express, dans le cadre des travaux de la Ring Road, ce lieu s’est révélé particulièrement dangereux en termes d’accidents de la route avec, à ce jour, pas moins de 15 morts à déplorer.
L’ancien président de la République a présenté ses plus vives sympathies aux proches des dix personnes décédées vendredi et a souhaité un prompt rétablissement à tous les autres voyageurs blessés. Il regrette cependant que le pays ait eu à vivre un nouveau drame, quelques semaines seulement après les inondations meurtrières du 30 mars. « Tout cela fait que le pays est comme frappé par une malédiction », trouve-t-il.
Même si sir Anerood estime que le moment n’est pas à chercher à établir les responsabilités, il dit souscrire à la déclaration du leader de l’opposition, Alan Ganoo, qui disait, dès vendredi, espérer qu’il n’y ait pas de « cover-up » dans l’enquête en cours. Le leader du Remake 2000 souligne, à ce propos, que des auditeurs des radios privés, dont des employés de la Corporation Nationale de Transport (CNT), ont déjà émis des remarques relatives à l’entretien de la flotte de véhicules de cette compagnie d’autobus à capitaux publics.
Il cite, de même, les témoignages des voyageurs rescapés, qui ont laissé entendre qu’après que les freins de l’autobus ont lâché, le chauffeur leur a demandé de se placer à l’arrière du véhicule. SAJ espère ainsi que l’enquête policière se fasse « sans parti pris », que les responsabilités soient établies, et que les mesures correctives soient prises en vue d’éviter de nouveaux accidents.
Évoquant ensuite le rassemblement du Remake 2000 pour la Fête du Travail, sir Anerood trouve que la foule qui s’est déplacée mercredi à Port-Louis est « sans égale » pour un rassemblement du 1er-Mai dans la capitale. « Le verdict est sans appel », juge-t-il. « La population en a assez de Navin Ramgoolam et du PTr, qui sont à la fin de leur règne. » Selon lui, le peuple ne veut plus d’un « régime Gestapo » et d’un « gouvernement immoral ».
« L’hypocrisie de Ramgoolam »
SAJ trouve que le « verdict » de mercredi s’adresse aussi à ceux qu’il appelle « les mercenaires du Prime Minister’s Office (PMO) », de même qu’à ceux que l’ex-président de la République qualifie de « néo-réactionnaires » qui « complotent pour manipuler l’opinion publique ». Le leader du Remake 2000 parle d’une « vague d’au moins 25 000 personnes » qui s’est levée à Port-Louis, mercredi dernier. Pour lui, Navin Ramgoolam est au courant du fait que, depuis qu’il (sir Anerood) a quitté Le Réduit, le Remake 2000 a atteint son momemtum et continue de se renforcer.
SAJ affirme une nouvelle fois que si le PTr n’a pas tenu de rassemblement du 1er-Mai cette année, c’est en raison du fait que Navin Ramgoolam était au courant qu’un éventuel meeting travailliste pour la Fête du Travail allait constituer « un fiasco ». Pour lui, le « sondage bidon » auquel se réfère le leader du PTr pour souligner la force du PTr n’est qu’une « excuse ». Il rappelle, à ce propos, comment Navin Ramgoolam avait, dit-il, « prétendu gagner » les dernières élections municipales après que les travaillistes n’ont remporté qu’une municipalité sur les cinq de l’île.
Sir Anerood dénonce aussi vivement « l’hypocrisie » du Premier ministre, qui, explique-t-il, tout en évoquant le « deuil » pour ne pas tenir de rassemblement du 1er-Mai, n’aura raté aucune occasion de se « cacher derrière les caméras de la MBC » pour « tenir des meetings télévisés » à l’occasion de rassemblements d’organisations socioculturelles.
Le leader du Remake 2000 parle aussi des « trahisons successives » du PTr envers les travailleurs. Il souligne, sous ce rapport, que depuis sa création, les rouges n’ont jamais raté un rendez-vous du 1er-Mai. Il rappelle, de même, le vote des nouvelles lois du Travail « anti-travailleurs » en 2008, qui, souligne-t-il, ont largement facilité les licenciements. Rappel aussi des récents amendements à ces lois, qui, explique sir Anerood, sont venus cette fois rendre impossible l’organisation de toute grève.
Revenant au meeting du 1er-Mai du Remake 2000, sir Anerood assure que toutes les composantes de la population, de même que toutes les tranches d’âge, étaient représentées au rassemblement de Port-Louis. Il rend un hommage spécial au leader historique du MMM, Paul Bérenger, pour avoir répondu présent à l’appel de la famille militante, et ce « en dépit de la phase difficile qu’il traverse » en raison de sa maladie. « Nous souhaitons qu’il guérisse complètement et qu’il vienne nous rejoindre en vue de sauver le pays », déclare SAJ.