Redonner à la Fête du Travail son sens. Voilà une idée qui se retrouve cette année, enfin, au premier plan.
Justement, fêter le Travail, c’est célébrer l’Effort, c’est célébrer le fait que travailler permet d’accéder à une vie meilleure.
Or, peut-on affirmer avec certitude que chaque Mauricien et Mauricienne, si il ou elle travaille dur, est assuré(e) d’accéder à une vie décente ? Donnons simplement la parole à ces milliers et ces milliers de travailleurs qui sont condamnés à des salaires à plein temps de 3000, 4000 ou 5000 roupies par mois. Des travailleurs qui ont des enfants, des grands-parents, des familles à nourrir, vêtir, loger, mais que l’on livre au désespoir chronique.
En mai 2010, la National Economic and Social Council (NESC) avait tenté d’attirer l’attention sur cette face cachée du miracle économique mauricien. Dans un rapport intitulé “Integration into the Global Economy”, la NESC avait révélé qu’entre 1996 et 2007 les 20% les plus riches des Mauriciens avaient vu une augmentation de leurs revenus mensuels 7 fois supérieure à ce qu’avaient connue les 20% les plus pauvres: Rs 2,000 par mois de plus chaque année contre Rs 280, une misère. Peut-on avec sérieux venir affirmer que les plus riches ont travaillé très dur et que les plus pauvres ont été de grands paresseux ? Durant cette période, le Produit intérieur brut du pays a connu une croissance phénoménale, 50% en chiffres réels. A qui profite le Travail ? Le tableau ci-dessous est des plus clairs.
Dans le cadre de la fête du Travail célébrée hier, inspirons-nous de ce que vient de demander le président américain Obama à son pays: «  Let’s ensure that an honest day’s work is rewarded with a decent wage. »
Justement, de plus en plus d’entreprises ont compris que pour durer, elles se doivent de devenir durables, c’est-à-dire qu’il leur faut protéger les ressources qu’elles utilisent. Or, être sustainable, ce n’est pas juste protéger la planète. Il faut également protéger les hommes et les femmes qui font vivre l’entreprise.
Arrêtons donc d’asphyxier à petit feu cet idéal qui fut fondamental lors de la genèse de l’Ile Maurice indépendante : que chacun, aussi modeste qu’il soit, a droit à une vie meilleure.
Il est l’heure pour nous d’ouvrir les yeux sur le type de société auquel nous avons abouti.