Au coeur des conflits de notre temps, les drones, ces petits aéronefs sans pilote à bord, sont devenus des armes de guerre incontournables. Du renseignement aux missions de destruction, ils font désormais partie de l’arsenal des grandes puissances. Mais au-delà de leur usage purement militaire, ils commencent à envahir nos vies et à remplir d’autres fonctions : de la vidéosurveillance des citoyens à la capture d’images incroyables pour le cinéma, voire des clichés de foule lors de rassemblements politiques. Également appelés UAV (Unmanned Aerial Vehicle), nous les retrouvons également dans des vitrines de magasins de jouets. Faciles à commander, stables et maniables, ces gadgets trouvent facilement preneur, à des prix dans une fourchette de Rs 800 à Rs 4 000.
« Nous avons dû effectuer des commandes supplémentaires pour avoir des drones dans nos rayons, car depuis le début du mois nous avons eu trop de ventes pour ces produits. Il y a une grosse demande qui a émergé dans le domaine des engins téléguidés, les drones particulièrement. Le modèle qui marche le mieux est celui avec une caméra intégrée », nous explique une vendeuse d’un magasin de jouets à Port-Louis.
Alors que pour certains ce n’est qu’un jouet pour s’amuser, pour d’autres c’est une véritable passion, comme en témoigne Jérôme. « J’ai pas mal de drones chez moi. Avant il était très difficile de s’en procurer, mais cette année on voit qu’il y a vraiment un engouement pour ce genre d’engins. Toujours avec de plus en plus de gadgets, le drone fait de moins en moins jouet et comporte de plus en plus les fonctionnalités des drones professionnels. Ce qui plaît particulièrement c’est la stabilité, la structure et sa maniabilité dans les airs ».
Dans différents magasins de l’île, comme Lotus d’Or et Mo Zouzou, les drones fascinent jeunes et moins jeunes. Proposés sous des couleurs et formes différentes, certains sont des répliques de drones militaires alors que d’autres ont des couleurs ludiques car plus destinés aux enfants. Au niveau du prix, cela varie entre Rs 800 pour les plus petits, Rs 1 800 pour un drone un peu plus grand avec plus de gadgets, Rs 2 500 pour celui avec camera intégrée et Rs 4 000 pour un drone de grande taille avec caméra et télécommande à écran tactile.
Un peu d’histoire
Les drones ont d’abord été utilisés au profit des forces armées ou de sécurité — police, douane, etc. — d’un État, mais ont aussi des applications civiles (cinéma, télévision, agriculture, environnement). La charge utile du drone de combat ou UCAV (Unmanned Combat Aerial Vehicle) en fait une arme. Sa taille et sa masse (de quelques grammes à plusieurs tonnes) dépendent des capacités recherchées. Le pilotage automatique ou à partir du sol permet des vols longs de plusieurs dizaines d’heures (à comparer aux deux heures typiques d’autonomie d’un chasseur).
Le grand essor des drones date de la guerre de Corée et de celle du Vietnam. À cette époque de la Guerre Froide, le drone a été développé de façon confidentielle par les USA comme un moyen de supériorité stratégique et de rupture capacitaire devant permettre la surveillance et l’intervention militaire chez l’ennemi sans encourir les risques humains que l’opinion ne supportait pas. Il est notamment utilisé pour larguer des tracts dans le cadre de guerres psychologiques. Cette supériorité a été acquise au travers de l’innovation technologique, surtout dans les domaines de l’automatique et des transmissions. Si le drone a souvent été interdit, en juin 2014, les États-Unis autorisent le premier vol d’un drone à usage commercial, en autorisant l’envoi d’un appareil en Alaska.