DR DIPLAL MAROAM

La période des fêtes est toujours propice aux excès de consommation, particulièrement celle de l’alcool, substance pourtant hostile au métabolisme humain. Certes, des arguments rassemblés par des scientifiques ont établi des effets cardio-protecteurs d’une consommation très modérée du vin rouge, ce dû majoritairement à la présence des flavonoïdes et resvératrol agissant en tant qu’antioxydants, dans la peau rouge des raisins. Une diminution des risques de thrombose ainsi que du taux de cholestérol total est

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constatée. Cependant, nul besoin de souligner les conséquences néfastes d’une consommation inconsidérée du vin et d’alcool sur l’organisme et que pour quelqu’un, qui ne boit pas, il est tout à fait incongru de modifier ses habitudes.

L’influence de l’alcool commence déjà dans la cavité buccale, s’attaquant, entre autres, aux gencives et au microbiote. Puis, il parcourt le tube digestif et est absorbé très vite dans le sang où il est détecté quelques minutes seulement après l’ingestion. L’alcool irrite la muqueuse de l’estomac et entraîne des troubles intestinaux, ce qui explique les maux d’estomac et vomissements. Véhiculé dans tout l’organisme, notamment dans le cerveau, il termine sa course dans le foie où la plupart des molécules d’éthanol sont dégradées. Étant une substance psychoactive, l’alcool modifie l’activité de cerveau et le fonctionnement de tout le système nerveux central. Sur le cerveau donc, deux phases distinctes de modification sont observées. D’abord la libération de la dopamine – neuromédiateur du plaisir – suscitant un effet stimulant et euphorisant. Effet qui, au fur et à mesure qu’augmente le taux d’alcoolémie, laisse la place à la deuxième phase, la phase sédative entraînant somnolence et torpeur. Les capacités de jugement, de concentration, de discernement, mais également de la coordination motrice, de l’équilibre, d’orientation dans le temps et l’espace, d’élocution sont alors sérieusement perturbées.

En ce qu’il s’agit du système cardio-vasculaire, au début, la fréquence cardiaque et la tension artérielle s’accroissent, mais la hausse de la consommation suscite l’effet inverse et des troubles du rythme cardiaque. Dans le foie, deux enzymes principales sont associées à la dégradation : l’ADH (l’alcool déshydrogénase) et l’ALDH (l’aldéhyde déshydrogénase). Mais possédant une vitesse de dégradation limitée, le foie est surmené par une trop grande présence d’alcool dans l’organisme. Le produit intermédiaire de la dégradation, l’acétaldéhyde, induit un stress oxydatif et peut s’avérer particulièrement toxique pour les cellules. Et la consommation chronique demeure associée à de nombreuses atteintes hépatiques : stéatose, cirrhose, cancers, etc. Dépendant du sexe et de la disposition génétique, l’inégalité devant l’alcool se manifeste, dans une grande mesure, par notre capacité différentielle de dégrader le spiritueux et son métabolite toxique, l’acétaldéhyde.

Nul besoin de souligner que l’alcool suscite la déshydratation, car inhibant la production par l’hypothalamus d’une hormone aux propriétés antidiurétiques, la vasopressine. D’où les maux de tête, car le cerveau est un organe sensible à la déshydratation. Le système immunitaire de même que celui de la reproduction ne sont également pas épargnés. D’une part, dû à l’affaiblissement de la défense de l’organisme contre les agents pathogènes, le corps se retrouve plus exposé aux infections de toutes sortes et d’autre part, la  spermatogenèse chez l’homme est altérée, affectant la quantité aussi bien que la qualité – la morphologie, la mobilité, etc – des spermatozoïdes. L’absence de volonté de surmonter la dépendance mène finalement à l’impuissance et la stérilité. Stérilité qui peut également survenir chez la femme, car l’excès d’alcool dégrade la qualité des ovocytes, affectant ainsi la capacité de fécondation. Et il va sans dire que l’alcool durant la grossesse, quelle que soit la quantité consommée, n’est rien d’autre que l’agression passive, tant sur le plan physique que physiologique, d’un petit être innocent et sans défense et dont les séquelles irréversibles, particulièrement au niveau du cerveau et des organes vitaux comme le cœur, les reins, etc, le poursuivront toute la vie. Rappelons que, le placenta n’en filtrant pas, l’alcool passe directement du sang de la mère au fœtus.

Finalement, loin de nous l’intention de soulever toute une hantise en ces jours de fête, mais toujours est-il qu’en matière d’alcool, la prudence, la modération et le contrôle s’imposent.