Fêtes privées, bals et autres soirées du genre ont de plus en plus la cote chez les Mauriciens, qui apprécient leur côté intime, familial et convivial. Même si ces activités festives sont perçues comme une menace pour quelques propriétaires de discothèques de l’île, certains habitués pensent qu’il faudrait les encourager. Et surtout revoir les lois concernant les fêtes privées.
Un bon nombre de Mauriciens, jeunes et moins jeunes, se penchent vers ces types de fêtes pour leur côté intime, chaleureux et aussi pour leur ambiance conviviale. Martine fréquente régulièrement ces soirées. Pour elle, c’est une façon de rencontrer les proches dans une ambiance festive et familiale. “Quand il y a un bal, nous passons le message à tous nos proches. D’habitude, c’est en famille qu’on s’y rend. Mes belles-soeurs, mes beaux-frères ainsi que mon époux sont friands de ce genre de sorties. C’est une occasion de nous amuser ensemble, comme si nous étions à un mariage ou participions à une fête à la maison.”
Arielle, qui ne rate jamais un bal organisé par son voisin, souligne que ses jeunes cousins et cousines favorisent ces sorties pour leur ambiance sympathique. “Nous y allons toujours en grand nombre. C’est un endroit où les parents et les enfants peuvent se retrouver et s’amuser ensemble.”
Fidèles.
Des classiques des années 60/70 aux succès du moment, en passant par les tubes des années 80. Ces soirées sont appréciées pour leurs animations musicales variées et dynamiques. De la musique pour tous les goûts, mais surtout pour tous les âges.
Bien qu’elle soit plus jeune, Arielle ne cache pas son appréciation pour la musique des années 70/80. “J’adore danser sur des oldies, des valses. Des styles musicaux qu’on trouve particulièrement dans les mariages. Pour pouvoir apprécier et s’amuser au rythme de ces musiques, la question ne se pose pas : elles sont jouées que dans les bals et les fêtes privées”, confie la jeune femme de 27 ans.
Organisateur de bals depuis une dizaine d’années, Cursley s’est lancé dans ce domaine après avoir constaté que certains de ses proches ainsi que des membres de son entourage étaient friands de ces sorties. Le jeune homme organise trois à quatre fêtes privées par an. “J’ai une liste de fidèles invités. Ils sont présents à tous les bals que j’organise depuis ces cinq dernières années.”
Mike, qui organise des fêtes privées depuis seulement trois ans, a choisi un concept plus adapté aux jeunes. Outre une animation musicale qui touche toutes les générations, il propose des live avec des artistes connus de la scène locale. “Au dernier bal que j’ai organisé, j’avais invité Blakkayo. On pourrait penser que cela plaise uniquement aux jeunes. Mais les moins jeunes s’amusent également en compagnie des artistes.”
Chaleureuse.
Pouvoir faire la fête dans un endroit où l’on ne se fait pas bousculer par la foule et surtout où l’on se sente à l’aise, c’est ce que recherchent nos interlocutrices et leurs amis. Ces dernières favorisent principalement cette ambiance où les invités sont installés en groupes et disposent d’un coin, avec tables et chaises, pour s’asseoir confortablement. “C’est déjà sympa de se retrouver à la même table que les proches qui nous accompagnent”, souligne Martine. Qui ajoute : “Ce genre de fête se déroule dans une ambiance chaleureuse. Nous pouvons également apporter de quoi grignoter et de quoi boire. La soirée se déroule dans un vrai esprit de partage et de bonne humeur. Nous pouvons aussi papoter, sans être gêné par la musique.”
Partageant cet avis, Cursley précise que “lors de ces fêtes, les gens peuvent danser, manger, boire et surtout discuter entre eux sans aucun problème. C’est vraiment une fête de famille”.
Arielle ajoute qu’il n’est pas nécessaire d’avoir les poches pleines pour se rendre à ces soirées. “Le fait de pouvoir apporter ses amuse-gueule et sa boisson constitue un avantage non négligeable. En discothèque, tout est extrêmement cher. Personnellement, c’est uniquement pour des occasions spéciales que j’accepte d’aller en boîte. Il faut vraiment prévoir un budget pour pouvoir s’y rendre.”
Plaintes.
Avec les foules qui envahissent souvent les discothèques, il est difficile de se sentir en sécurité, malgré les bouncers qui sont à la porte et qui sillonnent la piste de danse. Mike, qui se révèle également un fêtard, raconte que “les fêtes privées se déroulent dans une ambiance de famille. Il y a moins de risque qu’il y ait des bagarres. Jusqu’à présent, tout s’est passé comme il le faut dans les fêtes que j’ai organisées.”
Dans les bals de Cursley, “les gens s’en vont toujours très heureux d’avoir passé un agréable moment”. Il déplore pourtant le fait que les forces de l’ordre viennent lui demander de baisser la musique ou même de mettre fin à la fête sous prétexte qu’elles ont reçu des plaintes.
Mike et Cursley admettent pouvoir déranger le voisinage puisque leurs fêtes ont souvent lieu dans des endroits résidentiels. Or, soulignent-ils, ces salles de fêtes sont louées et destinées à ces types de soirées. Cursley souligne que “les personnes concernées devraient revoir les lois et non interdire d’organiser des fêtes privées. Elles doivent aussi admettre que cela fait désormais partie de notre culture. Les bals existent depuis de nombreuses années. Aujourd’hui, il existe un public adepte de ce genre de fêtes. À quoi cela sert-il de l’empêcher de s’amuser tranquillement ?”