Après une enquête marathon en trois volets, amorcée après la septième course, poursuivie aussitôt la journée de samedi terminée et longuement débattue ce matin, les Racing Stewards ont rendu le verdict dans l’affaire Gymmazye Street.
Le jockey Fausto Durso, qui pilotait la doublure de l’écurie Foo Kune dans cette deuxième manche du championnat des 4-ans remportée par Captain Firth (Derreck David), écope de 20 semaines de mise à pied assortie de Rs 100 000 d’amende. La double d’amende (Rs 200 000) pour Budheswar Gujadhur qui ne pourra, lui, exercer comme entraîneur pendant les 20 prochaines semaines. Si l’entraîneur de l’établissement Foo Kune, visiblement secoué et qui a plaidé non-coupable, s’est abstenu de tout commentaire à chaud, le Brésilien, lui, est catégorique : il fait appel de la sévérité de cette double sanction, même s’il reconnaît sa culpabilité.
Fausto Durso a été inculpé sous la règle 160 A (a) pour n’avoir pas pris « all reasonable and permissible measures to ensure that, throughout the race, his horse is given full opportunity to win or obtain the best possible place in the field » et ne pourra reprendre la compétition qu’à partir du 1er novembre 2014 (37 journée). Budheswar Gujadhur, de son côté, est puni sous la règle 159 À (c) qui se lit comme suit : « Any stable manager, assistant stable manager, owner, trainer, groom or other person directly or indirectly in charge of a horse who shall commit an offence under these Rules and be liable to any penalty provided for in Rule 11 (d). »
Par ailleurs, si Budheswar Gujadhur, qui écope de la plus lourde amende/mise à pied infligée à un entraîneur licencié au Mauritius Turf Club et liée aux instructions données à un jockey évoluant au Champ de Mars, Fausto Durso, aigri, ne fait pas de cadeau à l’entraîneur : « Mr Budheswar Gujadhur used me. It’s very unfair. Je n’ai pas triché. J’ai suivi ses instructions et je m’excuse auprès des turfistes devant la tournure qu’aura pris les choses. Je fais appel de la sévérité de ces sanctions. »
Ce matin, le Chief Stipe Ian Paterson devait annoncer que vu la configuration des choses, il avait été décidé que Samraj Mahadia agisse en tant que témoin étant donné que c’était à lui que les instructions des deux chevaux de l’écurie avaient été données.
« Mr Budheswar Gujadhur used me »
Budheswar Gujadhur est revenu sur ses instructions tout en ajoutant que le jockey Durso avait sans doute fait une erreur en suivant les ordres à la lettre. Il devait aussi souligner que c’était au jockey de prendre les décisions qui s’imposaient au cas où les choses ne se dérouleraient pas comme prévu et qu’il n’avait jamais été dans son intention de demander au jockey de monter « in a reckless manner », mais de ralentir aux environs des 1000m s’il était dans une position de le faire. L’entraîneur trouva aussi qu’il aurait dû être avisé avant la course de toute mauvaise perception ou manque de netteté dans les instructions.
Fausto Durso dira qu’il ne connaissait pas Germmayze Street, mais qu’on lui avait dit que le cheval s’était montré rapide en Afrique du Sud et de « jump and lead. All I did was to follow the instructions. » La façon de monter à Macao revint aussi sur le tapis avec les ordres qui doivent être suivis à la lettre alors que cette tactique n’est pas possible à Maurice. Le Brésilien a aussi fait ressortir qu’au Brésil, quand un propriétaire possède deux chevaux dans une course, il est permis que l’un d’eux fasse le train pour l’autre. Cela est également possible en Malaisie.
Budheswar Gujadhur dira à ce moment-là que si Fausto Durso était un apprenti, il aurait compris qu’il monte de cette façon. « He did not ride his horse to its merits but ran it to the ground. » À quoi le Brésilien demanda pourquoi l’entraîneur ne l’avait pas rapporté auprès des Racing Stewards après la course. Il trouva même que l’entraîneur voulait lui faire porter tout le chapeau alors qu’il n’avait fait que suivre ses ordres. « The trainer cannot put all the blame on me. That is not fair. He should have been by my side. » Fausto Durso a aussi fait référence à son palmarès depuis qu’il monte au Champ de Mars tout en assurant qu’il donne toujours le meilleur de lui-même. Et Budheswar Gujadhur d’ajouter qu’il n’avait pas rapporté le jockey du fait qu’il n’avait pas senti le besoin tant « everything was obvious ».
Après avoir entendu les parties concernées, le board des Racing Stewards arriva à la conclusion que Fausto Durso avait enfreint le règlement 160 (A) pour n’avoir pas donné à son cheval toutes les chances de l’emporter ou d’obtenir la meilleure place à l’arrivée. Il devait plaider coupable tout en avançant une fois encore qu’il n’avait fait que suivre les instructions.
Budheswar Gujadhur, lui, fut trouvé coupable d’avoir enfreint le règlement 159 A (b) dans le sens où il était par ailleurs « directly a party to prevent a horse from winning or from obtaining the best possible place in the field. »