Le personnel médical des “out and unsorted patients departments” des hôpitaux SSRN, de Pamplemousses, et de Jeetoo, à Port-Louis – ainsi que des centres de santé et des médicliniques de la région de Triolet et de Belvédère –, ont reçu des instructions du ministère de la Santé de “screen” tous les cas de fièvre. D’autres analyses sont en cours en laboratoire concernant des cas suspects afin de confirmer ou d’infirmer s’il s’agit ou non de la fièvre dengue, indique le ministère de la Santé.
Un premier test est ainsi effectué à l’hôpital. Le patient présentant des manifestations cliniques est alors placé sous observation alors qu’un 2e test, appelé “Elisa”, est réalisé au laboratoire de virologie de Candos. Un autre test de confirmation est la technique de Polymerase Chain Reaction (PCR). Cette méthode avait été introduite mi-2009 lors de l’épidémie de H1N1 dans l’île.
Une circulaire a par ailleurs été envoyée à la Private Clinics Association et à la Private Medical Practionner’s Association (PMPA) pour que ces dernières fassent preuve de vigilance dans la détection de cas de fièvre dengue après la découverte de 15 cas de dengue de type 1 à Triolet et d’un cas à Belvédère chez des personnes portant le même nom de famille et n’ayant pas voyagé à l’étranger, sur un total de 257 tests. A noter que deux cas de dengue chez des personnes revenant de Malaisie avaient été dépistés en janvier 2014. L’un d’eux habitait Triolet et l’autre Rivière-Noire, indique le ministère. Lormus Bundhoo, ministre de la Santé, a déclaré hier que son ministère a mis en place une stratégie de communication médiatique. « Nous communiquerons avec les médias dans la transparence au fur et à mesure que la situation évoluera, a-t-il indiqué. Nous allons rendre toutes les informations publiques. » Les conditions climatiques actuelles favorisent la propagation de la dengue, dit-il. A partir du 20 mars, 100 oficiers de la Health Promotion and Community Unit du ministère de la Santé distribueront ainsi insecticides et crèmes dans quelque 7 200 foyers. trente-six maisons seront en outre « visitées » quotidiennement tandis que 345 employés, de plusieurs ministères, ont été redéployés pour le contrôle du virus de la dengue et la surveillance de la population des moustiques vecteurs. De ce dernier chiffre, 145 appartiennent au ministère de la Santé, 100 à l’Agro-Industrie, 40 à l’Environnement, 30 aux Administrations régionales et les 30 derniers à la Tourism Authority. Le ministre indique par ailleurs que « la législation sera appliquée dans toute sa rigueur et des notices seront servies aux contrevenants dont les déchets constituent des sources de reproduction de moustiques ».
Cas locaux et importés
Une première flambée de dengue de type 2 avait été rapportée à la mi-2009 dans la région de Port-Louis. Quelque 252 cas ont été confirmés en laboratoire. Dix-neuf autres cas, importés, avaient été détectés en 2013 et 13 cas importés en 2012. « Une fois introduit dans un pays, il est extrêmement difficile d’éradiquer la dengue. Cette fièvre tend à resurgir périodiquement », indique le ministère de la Santé. D’autant que le moustique pouvant transmettre à la fois les virus du chikungunya et de la dengue, l’Aedes albopictus, est présent à Maurice, indique l’“Operational plan for the prevention and control of chikungunya and dengue in Mauritius”.
Lormus Bundhoo a présidé mardi une réunion avec le personnel de son ministère pour discuter de la mise à jour du “National Preparedness Plan” pour le contrôle de la dengue. Celui-ci comprend le redéploiement du personnel du Community Health Care à la Health Promotion Unit, des mesures d’urgence dans les hôpitaux pour appliquer le protocole de prise en charge et de traitement de la dengue, en particulier en termes de lits et de stock de médicaments, et de moustiquaires, insecticides et crèmes repoussant les moustiques, mais aussi en ce qui concerne l’isolation des malades.