La Private Medical Practitioners’ Association, réunissant les médecins du privé, est montée au créneau pour alerter l’opinion publique quant à la menace que représente une épidémie de la fièvre dengue pour la population. Le Dr Patrick How, fraîchement reconduit à la présidence pour un troisième mandat, explique que « la fièvre dengue peut s’avérer plus dangereuse que le chikungunya ». Il poursuit : « Les deux virus font partie de la même famille. Mais la dengue peut causer une “Dengue Hemorragic Fever”, entraînant des saignements des muqueuses. » D’autant, prévient le médecin, que tout le monde est concerné, « enfants, adultes et personnes âgées » !
La quinzaine de cas de fièvre dengue qui ont été officiellement recensés par les services du ministère de la Santé, « ont de quoi inquiéter », avance d’emblée le Dr Patrick How, président de la PMPA. Il ajoute que « si les premiers cas décelés remontent à plus de deux semaines, cela va sérieusement compliquer la façon dont on va s’y prendre pour endiguer une éventuelle épidémie… Il est clair qu’entre-temps, le virus a gagné du terrain ! ». Tout dépend, rappelle-t-il, « de quand les premiers tests en laboratoire ont été réalisés » sur les nouveaux cas décelés. « Ces procédures prennent un certain temps. Donc, si les premiers tests ont été réalisés il y a plus de deux semaines, cela veut dire qu’entretemps, le virus a eu le temps de se propager. »
Le président de la PMPA soutient, dans le même souffle, que « le corps médical privé n’a pas été tenu au courant de la situation. Nous, médecins du privé, avons appris l’existence des cas de dengue comme tous les Mauriciens, soit hier après-midi, via les media… ». Le porte-parole des médecins du privé souligne : « Si les cas recensés remontent à deux ou trois jours, nous avons encore le temps nécessaire pour réagir correctement. »
La fièvre dengue, relève notre interlocuteur,  est ce qu’on appelle un virus “dormant”. « Il s’agit d’un virus qui est entré à Maurice il y a plusieurs années par le biais de personnes venant de l’étranger, probablement même de la région… Il est latent dans l’air et son vecteur principal, ce sont les moustiques. Par ces temps de fortes chaleurs, les moustiques sont évidemment très présents dans l’atmosphère. »
Rappelant « qu’il n’y a pas de traitement spécifique ou de vaccin contre la fièvre dengue », le Dr Patrick How précise : « La dengue peut cependant s’avérer plus dangereuse que le chikungunya. Bien que les deux virus appartiennent à la même famille, la dengue peut entraîner, dans certains cas, une “Dengue Hemorragic Fever”. Ce qui, à son tour, cause des saignements des muqueuses, comme le nez, la bouche… ».
« Nul n’est à l’abri ! », prévient encore le médecin. « La fièvre dengue frappe tout le monde : enfant, adulte, personnes âgées… Il n’est ni question de constitution, fragile ou solide. Une personne peut être en très bonne santé mais, après avoir contracté la fièvre dengue, peut voir sa constitution se détériorer très rapidement. Ce sont des risques… On ne peut pas prévoir. » Notre interlocuteur poursuit : « Bien qu’il n’existe aucun traitement spécifique contre cette maladie, les protocoles d’usages sont de mise. Les médecins sont déjà au courant et savent ce qu’il faut faire dans ces cas. »
En parallèle, ajoute le Dr How, « des mesures comme la fumigation, entre autres, sont prises afin d’éviter la propagation des moustiques ». Les médecins recommandent également : « Toute personne souffrant de la fièvre doit rester en isolement. Ne pas sortir et se mêler aux foules : c’est très important, pour ne pas favoriser la contagion. »
La PMPA souhaite que « tous les partenaires concernés, en l’occurrence l’État et les médecins du privé, travaillent ensemble afin d’éviter tout risque inutile à la population ».