Le ministère de la Santé a mis en place un programme d’intervention en collaboration avec l’International Organisation of Migration (IOM) Mauritius pour se pencher sur les conditions de vulnérabilité des travailleurs étrangers à l’infection au VIH/sida et les facteurs de risques. « Celle-ci est un problème sur les lieux de travail et selon l’ONU les travailleurs expatriés sont particulièrement vulnérables à la contamination par le VIH », a déclaré jeudi le ministre de la Santé Lormus Bundhoo lors d’une table ronde à Victoria House à Port-Louis ayant réuni la majorité des CEO des compagnies de recrutement. En janvier et février 2013, trois femmes ayant soumis une demande de permis de travail aux autorités mauriciennes ont été dépistés séropositives.
212 travailleurs étrangers, dont 159 hommes, ont été testés positifs au VIH/sida de 1987 à fin 2012. Le ministre de la Santé a concédé qu’il existe une clause discriminatoire dans la législation locale obligeant les ressortissants étrangers à se soumettre à un test de dépistage du VIH/sida avant d’être employés à Maurice. Néanmoins la Civil Status Act, la Immigration Act et la HIV Aids Act ont été amendées pour autoriser le mariage civil entre citoyens mauriciens et ressortissants étrangers séropositifs.
Si dans les pays africains, plus particulièrement dans la région subsaharienne, 19 % à 53 % des employés de la Fonction Publique décèdent du VIH/sida, ce taux n’est pas aussi alarmant à Maurice, note le ministre de la Santé. Toutefois, dit-il, le VIH/sida doit être considéré comme n’importe quelle maladie grave sur les lieux de travail. « Toutes les parties doivent s’assurer que la sécurité de l’environnement contribue à prévenir le VIH/sida », affirme-t-il. À Maurice la majorité des travailleurs étrangers proviennent de l’Inde, du Bangladesh et de la Chine alors que d’autres sont originaires du Sri Lanka et de Madagascar, entre autres.
Le ministre de la Santé a indiqué que les États se sont engagés à développer et à mettre en oeuvre des stratégies nationales, régionales et internationales pour que les travailleurs expatriés aient accès aux programmes de prévention du VIH/sida. « Il est grand temps que tous les partenaires, les agences de recrutement, les pays hôtes soient impliqués dans la lutte contre le VIH/sida dans le cadre d’une globalisation des défis de santé publique », a affirmé Lormus Bundhoo. Loin de leurs familles, souffrant de solitude, d’isolement, les travailleurs étrangers ont un accès limité aux soins de santé, constate le ministre. En outre la séparation de leur partenaire régulier les entraîne vers de multiples partenaires. Le gouvernement mauricien adhère aux objectifs du Partnership on Health and Mobility in East and Southern Africa (PHAMESA) qui sont d’améliorer le bien-être physique, mental et social des travailleurs immigrés, a précisé Lormus Bundhoo. Le ministre indique qu’il y a 27 nouveaux cas de VIH/sida notifiés chaque mois dans le pays, soit la même tendance qu’en 2011. Selon les chiffres officiels, 320 cas de VIH/sida ont été enregistrés de janvier à décembre 2012, dont 215 hommes. L’incidence du VIH/sida est de 0,97 dans la population âgée de 15 à 49 ans, ce qui correspond à 10 000 personnes. Le ministre constate que depuis 2003 il y a eu davantage de personnes contaminées par injections de drogues à cause de seringues contaminées. Il s’agit, dit-il, d’une épidémie dite « concentrée » qui affecte principalement des groupes à risques, toxicomanes, homosexuels, travailleuses du sexe et prisonniers. De 1987 à décembre 2012, les cas notifiés d’infection au VIH/sida s’élevaient à 5 508 et 627 personnes en sont décédées.