Les semaines se suivent et  se ressemblent au sein du Mauritius Turf Club (MTC). Et la fin de la saison depuis le 1er décembre ne change rien à l’affaire et l’impression qui se dégage c’est que le club est bien parti pour très mal terminer, non pas la saison, mais bien l’année 2013 qui avait du reste mal commencé. Comme au début de 2013, c’est encore une fois Ian Paterson qui place le MTC dans une mauvaise position . En effet, une lettre en forme de pétition et signée par plus de 125 propriétaires de chevaux a été remise aux dirigeants du MTC et dans laquelle ils réclament ni plus ni moins que le départ de Ian Paterson, comme président de la Chambre des commissaires des courses.
«La justification de la nomination d’un « Chairman » des Racing Steward à salaires très élévés doit se faire par l’apport à notre industrie d’une perception d’intégrité pour les professionnels et le public, et d’un sentiment de « level playing field ». Mr Paterson a malheureusement échoué dans cette mission, à un point tel que nous sommes tentés de dire que non seulement il n’a pas apporté, mais il a été nul à notre industrie», peut-on lire dans la pétition qui a été largement circulée dans le monde hippique depuis le 6 décembre, soit tout juste à la fin de la saison et qui a été remise tant aux commissaires administratifs du MTc qu’au General Manager, Benoit Halbwachs.
Les pétitionnaires ne se contentent pas uniquement de dire que le président de la Chambre des Commissaires des courses n’a rien apporté à cette industrie. Ils poussent plus loin leur réflexion en affirmant que Ian Paterson ignore les statuts du club. «Son (ndlr: Ian Paterson) ignorance des statuts du club concernant la composition à adopter pour son propre Board, obligeant ainsi  à la réouverture de plusieurs enquêtes aux frais du club et donnant ainsi une image de manque total de professionnalisme au public est inacceptable», écrivent encore les signataires de la pétition.
Comme il fallait s’y attendre, la participation de Ian Paterson dans un dîner avec des jockeys « dont il a négligé d’en faire état à ses supérieurs» est inacceptable selon  la centaine de propriétaires de chevaux qui ont signé la lettre. «Ces différents évènements auraient, à notre avis, même  pris individuellement, largement suffi à justifier une démission, voire une révocation de Mr Paterson. Ils ont jeté un grand trouble dans la communauté des courses, public, professionnels et propriétaires inclus. Nous pensons qu’il est essentiel pour l’image du club qu’il se désolidarise de ce genre de comportement: c’est pourquoi nous insistons auprès de vous que le contrat de Mr Paterson ne soit pas renouvelé afin que notre industrie puisse mettre derrière elle la perception extrêmement négative que son dernier passage a créée», écrivent-ils encore.
Que faisait Samraj Mahadia dans les délibérations
Le courrier, apprenons-nous, aurait été remis au président du MTC vendredi lors du déjeuner des anciens présidents du MTC. Mais reste que ce n’est pas uniquement Ian Paterson qui est sur la sellette, mais son board tout entier. La nouvelle affaire du jour s’appelle Pierre Corné Orffer. Pour rappel, ce jockey fut suspendu, à l’issue de la 37e journée, pour 4 semaines et de Rs 50 000 d’amende pour sa monte sur Winged Captain.
Non content de cette suspension et de cette amende, le jockey sud-africain et de l’écurie Rameswar Gujadhur avait donné avis d’appel et avait pris Me Yahia Nazroo comme conseiller légal. L’appel fut entendu lundi dernier, de toute évidence en l’absence de Pierre Corné Orffer, mais son avocat était bien présent. Selon les informations de Week-End, l’avocat a demandé d’avoir accès aux enregistrements audio du jour où la sanction fut prise contre son client du fait qu’il avait constaté certains manquements dans la transcription.
Dans un premier temps, apprenons-nous, le président de la Chambre des Commissaires des courses ne voulait pas accéder à cette demande arguant que les manquements n’ont rien à faire avec les points de droits que l’avocat soulevait dans sa défense. Sauf que Me Nazroo n’a pas lâché l’affaire et a exigé de pouvoir écouter les enregistrements audio. Ce que finalement accepta le panel des commissaires des courses.
Toutefois, le pot au rose allait être découvert puisque lors des discussions du panel de commissaires des courses avant de prendre les sanctions contre l’ex-jockey de Rameshwar Gujadhur, la présence de Samraj Mahadia fut notée. Non seulement sa présence vocale est notée sur la bande, l’ex-jockey mauricien participait également aux discussions.
Une présence et une discussion qui étaient hors de propos puisque selon la composition du board des commissaires des courses, Samraj Mahadia n’est pas un Racing Stewards. Sur ce, l’avocat a demandé au board d’appel de référer cet incident aux commissaires administratifs «to inquire» sur la présence de Samraj Mahadia lors des délibérations sur les sanctions contre Pierre Corné Orffer et aussi pour faire une enquête pourquoi il y a des gros manquements sur les transcriptions.