• Une dizaine de maisons endommagées à Pointe-aux-Sables l’année dernière

Après avoir vécu une expérience traumatisante l’année dernière, Marousia Bouvery, du groupe Abaim, a tenu à attirer l’attention des autorités et du public sur la vente de certains types de pétards. À Pointe-aux-Sables, le 31 décembre 2018, une dizaine de maisons avaient en effet été endommagées après qu’un voisin ait fait éclater un pétard « canon ». La violence était telle que même l’équipe du Scene of Crime Office (SOCO) avait été mandée sur les lieux. Marousia Bouvery veut sensibiliser le public sur le danger que représentent ces pétards.

Plus gros, plus forts, plus violents… Les variétés de pétards inondent le marché à telle époque chaque année. Cependant, tous ne sont pas sans risques. En dépit du contrôle exercé par les autorités, des pétards hors normes se vendent toujours aux coins de rue, mettant ainsi en danger les consommateurs. L’expérience vécue par des familles de Terasson, Pointe-aux-Sables, l’année dernière est encore vive dans les mémoires. Marousia Bouvery, dont le frère était concerné, témoigne : « Vers 00h15 dans la nuit du 31 décembre 2018 au 1er janvier 2019, j’ai reçu un appel de mon frère qui m’a fait part que des panneaux de vitres avaient volé en éclat chez lui après qu’on voisin ait fait “sonné” un “pétard canon”. Je suis partie voir et j’ai été choquée par l’ampleur des dégats. »

En effet, relate Marousia Bouvery, le pétard avait provoqué un trou d’au moins deux mètres dans la terre. La police et les éléments du SOCO, mandés sur les lieux, comparaient même l’effet à une mini-bombe. « Après les pétards, il y a eu un grand bruit. Des fenêtres et une grande porte vitrée chez mon frère avaient volé en éclats. Environ sept à huit maisons avaient été également endommagées, même les pare-brise des voitures avaient explosé. Le voisin qui avait fait exploser ce pétard avait été blessé et transporté à l’hôpital. Les enfants étaient traumatisés. C’est comme si un cyclone venait de passer sur le quartier. »

Marousia Bouvery dit vouloir témoigner de cette situation afin d’alerter les Mauriciens sur le danger existant avec ces pétards puissants. « Le voisin lui-même n’était pas au courant de la violence qui allait se dégager du pétard qu’il avait acheté. En plus, il a dû dédommager les voisins autour. C’est pour cela que je lance un appel à la vigilance à la fois du public et des autorités. » Même s’il existe une réglementation concernant le commerce des pétards, il semblerait que les autorités arrivent difficilement à exercer un contrôle strict à ce sujet.

Au niveau de la Consumer Affairs Unit (CAU), on explique qu’il y a des normes établies pour l’importation de pétards. Selon les procédures en place, un importateur doit avoir un permis de la Trade Division, du ministère du Commerce. Il y a une série de conditions à respecter pour cela. « Une fois que la cargaison arrive à Maurice, il y a des vérifications à plusieurs niveaux avant que la douane n’autorise l’importateur à prendre livraison de sa commande. Un représentant du Mauritius Standard Bureau viendra vérifier si les standards ont été respectés. Un représentant de la Special Mobile Force viendra, lui, prélever des échantillons pour analyse. À notre niveau, nous vérifions le “labelling”. »

En sus de cela, les officiers de la CAU effectuent des contrôles sur le terrain afin de s’assurer que les produits en vente sont autorisés. « Pour l’heure, les pétards râpés, comme on dit, sont interdits, étant donné qu’ils émettent des étincelles lorsqu’ils sont frottés au sol. Pour ce qui est des détonations, comme je l’ai dit, c’est la SMF qui procède aux vérifications. » Mais l’incident de Pointe-aux-Sables l’année dernière démontre qu’en dépit de toutes ces procédures, le danger existe toujours. C’est aux consommateurs maintenant d’assumer leurs responsabilités. La CAU invite le public à donner l’alerte si « quelque chose de louche » est constaté sur le marché.