Des pluies battantes et des orages pour la fin du confinement à Agaléga

« Un renforcement des mesures sanitaires nécessaires pour contrer tout risque de cas de contamination importé »

Comme à Rodrigues, la population à Agalega est retournée à la vie normale depuis la fin de la semaine. Mais le démarrage de ce déconfinement a été marqué par un « invité inattendu », des pluies battantes et violentes, soit 158 mm en 24 heures, accompagnées de tempêtes électriques. De son côté, l’Outer Islands Development Corporation (OIDC) doit se conformer strictement à un protocole post-confinement élaboré par le gouvernement afin d’éviter dans l’archipel tout cas de contamination au coronavirus importé. Ainsi, selon ce document, Agalega Post-Curfew Conditions, en date du 15 avril, « only the cargo ships » pourront se rendre dans l’archipel et devront respecter les mesures sanitaires figurant déjà dans un protocole concernant le Covid-19 préparé par l’OIDC.

Dans la conjoncture, les Agaléens n’ont pu retenir leur agacement face à la météo. « Nou finn gayn gro lapli ek loraz-zekler pandan tout lawit ziska gramatin (NdlR : vendredi). Li pa korek ki Meteo pa finn prevenir nou de sa sitiasion-la », proteste un habitant. Et, selon des informations, ce n’est qu’en fin de matinée d’hier que la station de Vacoas a appelé les officiers de l’OIDC pour communiquer les informations concernant la journée de vendredi.

D’autre part, à l’exception des enfants qui sont confinés à la maison, vu que l’école reste fermée, les adultes sont retournés au travail depuis jeudi. Toutefois, une dizaine d’employés de l’OIDC, des travailleurs manuels, ont manqué à l’appel ce jour-là. En revanche, les travailleurs indiens engagés par Afcons Infrastructures étaient sur le chantier en dépit du mauvais temps. « C’est le calme dans l’ensemble. Même après le confinement, les habitants sont très vigilants et respectent les mesures pour prévenir les risques de contamination au Covid-19. Ils veillent de très près au respect du protocole de débarquement des marchandises par les travailleurs d’Afcons », fait comprendre un résident du village La Fourche.

La présence de trois navires étrangers dans les eaux de l’archipel depuis plus de deux mois retient toujours l’attention des habitants. Le débarquement des marchandises est loin de prendre fin en raison des centaines de tonnes de matériaux de construction de toutes sortes qui sont toujours à bord de ces cargos. Plusieurs facteurs ont retardé les opérations de débarquement, notamment le mauvais temps et la mer démontée, la mise en quarantaine des bateaux et la période de confinement. En outre, ces trois derniers mois, il y a eu aussi plusieurs voyages du MV Trochetia vers l’archipel et la priorité a été accordée au débarquement des marchandises de ce navire.

Par ailleurs, l’encadrement des élèves du primaire et du secondaire demeure une préoccupation pour les adultes, car les émissions scolaires qui passent sur plusieurs chaînes de la télévision nationale ne sont pas accessibles dans l’île. Mais selon les habitants, certains enseignants témoignent d’une bonne volonté et se rendent chez leurs élèves pour leur remettre les devoirs à faire. Soulignons qu’il y a une trentaine d’enfants au primaire et une quinzaine au secondaire.

Business Mauritius au secours de familles vulnérables

Business Mauritius, par le biais de son Comité de Solidarité Covid-19, vient apporter sa pierre aux efforts de l’État à venir en aide à ceux qui en ont le plus besoin. Ces dernières semaines, le comité présidé par Harold Mayer a en effet assuré un service de secours d’urgence pour l’alimentation au profit de familles vulnérables non inscrites sur le Social Register of Mauritius (SRM). En collaboration avec des ONG, 4 700 cartons de vivres leur ont ainsi été remis.

L’objectif à moyen terme de Business Mauritius est de soutenir, à travers des ONG sur le terrain, 55 000 familles vulnérables. Si l’accompagnement se fera pendant la durée du confinement, il sera surtout accès sur les mois qui vont suivre le déconfinement dans un contexte socio-économique que l’on appréhende déjà comme devant être compliqué.

« L’État joue un rôle vital en soutenant ceux qui en ont le plus besoin. Toutefois, vu l’ampleur de la crise, toutes les bonnes volontés sont nécessaires pour des actions communes et complémentaires », indique Harold Mayer. Outre les ONG déjà impliquées, une invitation à collaborer est aussi lancée à la National Social Inclusion Foundation (NSIF) ainsi qu’au ministère de l’Intégration sociale.