La mission de six membres du Fonds monétaire international (FMI), conduite par Martin Petri dans le cadre des consultations sous l’Article IV, a annoncé ce matin, lors d’un point de presse, qu’elle anticipe un taux de croissance de 3,7 % de l’économie mauricienne en 2014 (3,2 % en 2013), une progression reposant essentiellement sur des activités accrues dans les secteurs du seafood, des nouvelles technologies de l’information et de la communication et des services financiers.
La mission s’attend à ce que le taux d’inflation (headline) grimpe légèrement à 3,8 % et que le taux de chômage demeure inchangé à environ 8,2 %. Elle considère, par ailleurs, qu’il y beaucoup de défis à relever dont la réduction du déficit budgétaire et de la dette, la réforme du secteur public, du programme de protection sociale alors que la politique monétaire doit être plus effective pour qu’on puisse enlever l’excès de liquidités dans le marché.
Rendant compte de la mission de deux semaines à Maurice au cours de laquelle des consultations ont été engagées avec le Premier ministre, le ministre des Finances, le gouverneur de la Banque de Maurice, de hauts officiels du gouvernement et des représentants du secteur privé et de la société civile, Martin Petri devait d’abord présenter les points saillants des observations et prévisions économiques des membres de sa délégation. Il a observé d’emblée que les autorités mauriciennes ont su maintenir un environnement macroéconomique stable en 2013 en dépit des conditions économiques difficiles au plan international. La mission a noté que le déficit budgétaire a pris une courbe ascendante en raison, d’une part, des dépenses imprévues dans le sillage des inondations de mars 2013 et des dépenses de développement plus importantes que celles budgétées fin 2012. Concernant l’inflation, la mission a constaté que le taux est tombé à un niveau relativement bas. Pour elle, les défis pour 2014 sont 1) d’entamer une réduction de la dette publique au moyen d’une consolidation en douceur de la situation budgétaire, 2) d’améliorer le mécanisme de transmission de la politique monétaire en enlevant les « excess reserves », 3) de poursuivre les réformes du secteur public tout en protégeant les plus vulnérables de la société et 4) de relever les défis de la productivité et de la compétitivité afin d’améliorer les perspectives de croissance économique pour le moyen terme.
Parlant des prévisions pour cette année, Martin Petri a indiqué que la mission s’attend à un taux de croissance économique de 3,7 % en 2014 et que les secteurs moteurs de cette croissance seront le seafood, les TIC et les services financiers, le tout soutenu par une demande externe plus ferme. Pour lui, il y a possibilité que le taux de croissance soit plus élevé que 3,7 % à condition, toutefois, que les investissements prévus par le secteur public soient exécutés plus rapidement et que, d’autre part, il y ait une accélération des investissements privés.
Sur le front de l’inflation, la mission Petri prévoit que le taux resterait en dessous de 4 %. « At less than 4 percent, inflation remains subdued, and inflationary expectations appear well-anchored ». Selon les projections du FMI, le taux d’inflation “headline” (moyenne de l’indice des prix à la consommation pour une année comparée à celle de l’année précédente) s’élèverait à environ 3,8 %. Commentant la politique monétaire, la mission trouve qu’elle est « broadly appropriate » mais qu’elle doit être plus effective avec l’enlèvement de l’excès de liquidité dans le circuit bancaire. « This will likely cause losses for the Bank of Mauritius (BoM), but these would be entirely justified », ajoute la mission. Le FMI considère que le secteur bancaire est robuste mais pense que la BOM devrait, comme elle l’a fait dans le passé, continuer à exercer un contrôle sur les développements sectoriels. La mission soutient que le système financier mauricien a démontré sa résilience aux chocs exogènes.