Quand le confinement sera levé la vie reprendra son cour, mais rien ne sera comme avant. Les gestes barrières deviendront de nouvelles habitudes, la distanciation aussi et les règles seront appelées à changer en société. Dès maintenant, les Mauriciens ont commencé à réfléchir sur le jour d’après.

Anand Rao Govinda, Palma, Cuisinier au Paradis Beachcomber

“Être antisocial aidera à maintenir la distance sociale”

“Si certains n’ont pas respecté le confinement, qu’en sera-t-il après le déconfinement ? Des lois doivent être trouvées pour faire respecter les gestes barrières, car en tant qu’humain, nous sommes un danger potentiel pour les uns et les autres. Il faut trouver une solution pour les lieux surpeuplés. Pour ma part, je vais certainement continuer à rester fidèle à moi-même. Je m’assurerai de suivre les règles définies par les autorités. Être antisocial la plupart du temps, aidera à maintenir la distance sociale. Certes, cette situation me brise le cœur. Nous n’aurons plus le droit de nous toucher, nous faire la bise, des câlins. Penser à tout ça affecte le mental. Penser que notre environnement social, professionnel et émotionnel ne sera plus le même. Le Covid-19 a donné une grande gifle à l’humanité. Désormais, je chérirai davantage mes êtres chers, je créerai plus de moments avec eux car on ne sait pas de quoi sera fait demain. Par ailleurs, en tant que cuisinier dans l’industrie du tourisme, le déconfinement me fait réfléchir. Le secteur touristique, une de nos sources de revenues principales, est en crise. J’espère que les autorités trouveront les outils nécessaires pour relancer graduellement ce secteur.”

Maita Vellin, Quatre Bornes, employée dans le textile/ Artiste

“Vivre d’une autre façon”

“J’ai une grosse appréhension par rapport au déconfinement parce que nous ne savons pas si une deuxième vague surgira. Depuis le début du couvre feu sanitaire, j’ai respecté scrupuleusement toutes les règles. Après il faudra reprendre le chemin du travail et apprendre à vivre d’une autre façon. Porter des masques, des gants, respecter la distanciation sociale. Il faudra se méfier de tout le monde. C’est malheureux de se dire que nous ne pourrons plus adopter la même approche face à nos collègues. Plus de déjeuner entre amis et en famille. Il faut avancer avec cet état d’âme, être égoïste avant tout pour le bien de toute la population. Il nous faudra aussi éviter la foule, les centres commerciaux et autres rassemblements publics.”

Vincent Mamet, Grand Baie, Managing Director

« Prolonger le work from home »

« Déjà mes habitudes de consommation et d’achat ont changé. Pour éviter les déplacements je compte continuer à faire mes achats en ligne et j’espère que les commerces nous faciliteront la tâche en proposant plus de choix à travers ce genre de service. Mon comportement social aussi ne sera plus le même. Je pense qu’il important de faire moins, voire même, d’éviter des rencontres en groupe pendant un bon moment. Tant que je ne me sentirai pas rassuré j’éviterai tout contact physique avec les gens, surtout ceux que je ne connais pas. Ce n’est pas par méfiance mais surtout par précautions. Concernant mon business, je prolongerai le mode work from home pour encore deux semaines minimum en attendant de voir comment la situation évolue à Maurice.”

Hansley Melisse, Curepipe, commercial

« Toujours très méfiant”

« A la fin du confinement, je serais toujours très méfiant. De plus qu’à l’heure actuelle, nous n’avons pas suffisamment d’informations sur le virus. Rien ne dit qu’il ne sera plus présent sur les surfaces inertes ou dans l’air. Bien que le nombre de cas soit en baisse, une personne est susceptible d’en infecter plusieurs d’une simple poignée de main. Je préfère protéger ma famille que de faire des embrassades et des câlins. Ainsi, durant les prochaines semaines je compte faire qu’un petit salut à l’ancienne, garder la distance et surtout le masque et mon hand sanitizer en poche. Déjà, j’ai du mal à me dire qu’il faudra voyager dans les autobus, être en contact avec du monde et avoir à affronter la foule de Port Louis. J’espère retourner au bureau le plus tard possible surtout que j’attends de savoir comment les autobus seront désinfectés. J’éviterais tous les attroupements. Même s’il faut arriver en retard au bureau, je ne compte pas monter à bord des bus bondés et j’essaierai de m’asseoir seule sans vis-à-vis. J’éviterai les ascenseurs et j’utiliserai davantage les escaliers. Même durant la pause déjeuner, je resterai loin des restaurants et des fast-foods. Le soir en rentrant, je compte me déshabiller à l’extérieur avant de prendre une douche pour me décontaminer. Je ne prévoie aucune sorti en groupe ou en famille dans l’immédiat. Il faudra attendre encore un peu avant de se revoir tous autour d’une bonne tablée. Le désir de se revoir sera encore plus grand. Je stresse encore plus pour mon fils qui devra reprendre l’école. Comment lui faire comprendre qu’il ne pourra être collé à ses amis ? Comment vont-ils contrôler les enfants à l’école ?”

Narish Jaunky, chauffeur de taxi, Vallée des Prêtres

“Je continuerai à prendre toutes les précautions ”

“Même si nous sommes déconfinés le 4 mai garderai le même comportement que j’ai actuellement en étant à la maison. Je continuerai à prendre toutes les précautions sanitaires en me lavant les mains plusieurs fois par jour et en sortant de la maison uniquement pour les besoins essentiels. Je reprendrai mon travail de chauffeur de taxi, mais je prendrai toutes les précautions en portant mon masque, mes gants et en me désinfectant les mains à chaque fois. D’autre part, même si mes amis me manquent de même que des membres de ma famille, je ne pense pas que j’irai les voir de sitôt. J’éviterai également d’aller me balader dans les centres commerciaux parce que le virus sera toujours là. Je éviterai le plus possible de me trouver à proximité des gens, de serrer la main ou de faire la bise.”

Kamal Shiboo, Hotel representative, Morcellement St Andre

“Je ne sortirai pas pendant deux semaines”

“Je ne sortirai pas pendant les deux premières semaines qui suivront le déconfinement. Comme je travaille dans le tourisme, je ne reprendrai le travail tout de suite. Je pense que ce sera comme un fancy-fair dehors, je compte donc éviter de sortir et continuerai à prendre les précautions comme je le fais actuellement. Je ne rencontrerai pas mes amis pendant encore un bout de temps. J’ai une fille de 7 ans, ses cousines lui manquent mais on va éviter. Nous aurons tout le temps de sortir après. Je vais devoir aller au supermarché quand nécessaire. ”