Les ministères des Affaires étrangères des États membres de la Commission de l’océan Indien (COI) ont pris la décision de confier la présidence de l’institution régionale à Madagascar, lors de son prochain conseil des ministres qui se tiendra fin mars/début avril 2014. C’est là le premier signe d’une réhabilitation de la Grande Île sur le plan régional, après la crise politique qui l’a secouée pendant cinq ans et qui a finalement abouti à l’élection présidentielle de 2013.
Cette décision a été prise lors de la réunion des ministères des Affaires étrangères des États membres aux Seychelles, à la fin de la semaine dernière. En marge des célébrations des 30 ans de l’accord de Victoria qui a institué la Commission de l’océan Indien (COI), le gouvernement seychellois avait invité l’institution à y tenir plusieurs réunions déterminantes sur la région indianocéanique et ses populations, les 9 et 10 janvier derniers.
Avec cette décision, la Grande Île succédera à l’Union des Comores. Madagascar, souligne la COI, n’a pu assurer la présidence précédemment en raison de la crise politique qui l’a secouée.
Lors de cette réunion, les ministres des Affaires étrangères ont aussi décidé que le prochain Sommet des Chefs d’État et de gouvernement de la COI se déroulera fin juillet aux Comores. El-Anrif Saïd Hassane, le ministre des Relations extérieures de l’Union des Comores et président en exercice de la COI, a obtenu le consensus autour de la candidature de son pays.
Lors de son intervention à l’occasion de la cérémonie officielle de la célébration des 30 ans de l’accord de Victoria, « le ministre malgache des Affaires étrangères, Ulrich Andriantiana, s’est montré extrêmement reconnaissant envers la COI pour son implication et surtout sa fidélité pendant le processus de sortie de crise et les élections », fait ressortir la COI. Il a souligné, « au nom de son peuple et du gouvernement de transition, le fait que la COI est la seule organisation régionale qui n’a pas écarté Madagascar pendant cette difficile période ». Ulrich Andriantiana a ajouté qu’il souhaite voir la COI délocaliser certaines activités à Madagascar et a évoqué la création d’un centre d’information dédié à la lutte contre la piraterie.
En outre, dans le cadre de cette célébration, l’Union européenne, principal bailleur de la COI, a confirmé son soutien à l’organisation régionale. Le Chargé d’affaires de la délégation de l’UE à Maurice, Guy Samzun, a détaillé à cet effet la nouvelle répartition des enveloppes du onzième Fonds européen de développement (FED).
Pour sa part, la Banque Africaine de développement (BAD), représentée par Addison Ernest, a confirmé son implication auprès de la COI. La commission indique qu’elle dévoilera les montants qui lui seront alloués pour des projets liés à l’infrastructure d’ici quelques semaines.
La Chine, quant à elle, a annoncé le renouvellement d’un don de US $ 100 000 à la COI. Le directeur général adjoint pour l’Afrique du ministère des Affaires étrangères chinois, Wang Shiting, a exprimé le souhait de son pays de participer au développement institutionnel de la commission. Il a souligné « son efficacité et son rôle de facilitateur » entre les îles.
Autre réunion importante, celle en marge de la troisième Conférence internationale des Nations unies sur les Petits États insulaires en développement (PEID), prévue début septembre à Samoa. Elle a permis d’aborder plusieurs questions essentielles : les enjeux de l’économie bleue pour l’immense espace indianocéanique, le mandat de la COI pour la coordination des PEID, la réglementation internationale et les droits de haute mer…
Les 30 ans d’existence de la COI ont été célébrés avec faste le 10 janvier. Une cérémonie qui a démarré de manière spectaculaire avec le saut de six parachutistes des Forces armées françaises (FAZSOI) qui ont atterri dans le stade en portant chacun le drapeau d’un État membre et de la COI avant de les remettre aux chefs de la délégation et au secrétaire général.