La Banque de Maurice (BoM) et le Registrar of Cooperatives ont signé jeudi un Memoradum of Understanding (MoU) prévoyant la mise en place d’une structure de coopération entre les deux parties afin d’assurer une surveillance effective des opérations des credit unions du mouvement coopératif. Le protocole a été paraphé pour la BoM par le premier gouverneur adjoint, Yandraduth Googoolye, et Mario Monvoisin, qui fait l’intérim en tant que Registrar of Cooperatives.
Ce protocole stipule que le régulateur du secteur bancaire et le Registrar of Cooperatives, qui veille à la bonne marche des sociétés coopératives, doivent collaborer et coordonner leurs efforts en vue de promouvoir la stabilité et la solidité du système financier à Maurice, cela à travers un échange d’informations sur la conduite de leurs affaires tout en réduisant autant que possible les manquements dans la supervision du secteur financier, en particulier les activités concernant les credit unions. Il est ainsi prévu qu’un comité de travail regroupant des officiels du ministère des Coopératives et de la BoM se rencontrera régulièrement pour corriger toute situation qui pourrait constituer une menace à la stabilité financière du pays.
La signature de ce MoU intervient dans le sillage de l’entrée en vigueur d’un amendement apporté en décembre 2013 à la Bank of Mauritius (BoM) Act et faisant provision pour que la banque centrale puisse accorder des permis d’opération, réguler et assurer la surveillance des credit unions du mouvement coopératif. Seules les credit unions comptant des actifs de plus de Rs 20 millions sont concernées par cet amendement. Après consultations entre les différentes parties afin de dissiper les craintes du côté du mouvement coopératif, il fut convenu qu’un MoU sera signé pour faciliter l’échange d’informations tout en évitant aux credit unions les tracasseries quant à la soumission de données à la banque centrale, données qui sont normalement disponibles au ministère des Coopératives.
Selon le ministre des Coopératives et des Affaires, Jim Seetaram, Des 15 cooperative credit unions actives dans le pays, 29 sont concernées par l’amendement à la BoM Act. Elles ont des actifs totaux se chiffrant à environ Rs 3 milliards alors que le montant total de leur capital s’élève à près Rs 700 millions. La valeur des dépôts dans l’ensemble des credit union se montait à Rs 1,7 milliard (Maurice) et à Rs 45 millions respectivement. Les prêts accordés à faible taux d’intérêt se situaient à Rs 1 milliard et Rs 55 millions pour Maurice et Rodrigues respectivement.
Tout en saluant la contribution des credit unions au progrès de leurs membres (environ 55 000), Jim Seetaram a fait ressortir que la signature du MoU avec la BoM constitue un pas en avant fait par ces sociétés pour susciter la confiance de leurs membres tout en contribuant à la stabilité de notre système financier. Le ministre a rassuré les dirigeants des credit unions que celles-ci seront toujours régies par la Cooperatives Act et resteront sous le contrôle du Registrar of Cooperatives. Il est aussi prévu sous la loi que la BoM et le Registrar vont se consulter avant d’imposer toute disposition de la Banking Act sur les credit unions.
Le gouverneur de la BoM, Manou Bheenick, a également voulu se montrer rassurant dans ses propos. « Je veux dès le départ dissiper toute appréhension concernant notre rôle en tant régulateur. Le secteur des coopératives a un registre de performance remarquable. Il a aidé à faciliter l’accès à des services bancaires à ceux qui n’étaient pas bancarisés. Le moment est venu pour vous de sortir de l’ombre et d’écrire une nouvelle page de votre histoire si riche. Ne nous considérez pas dans le rôle du policier mais comme un partenaire qui veut vous aider pour que vous soyez perçu comme un acteur respecté du marché », dit-il.
La réglementation et la surveillance des opérations des credit unions seront exécutées « in a phased manner », a précisé le gouverneur de la banque centrale qui a promis le soutien de l’autorité bancaire pour que les credit unions puissent jouer un rôle encore plus prépondérant dans le secteur financier. Contrairement aux banques qui font des transactions avec l’argent des déposants, les credit unions, a souligné Manou Bheenick, ont des relations d’affaires avec leurs propres membres. Elles doivent opérer de manière inclusive.
Par ailleurs, le gouverneur de la BoM a laissé entendre que la banque centrale va aider les credit unions à améliorer leur structure de gouvernance et de présentation de leurs comptes. La BoM, a-t-il ajouté, encourage ces sociétés à s’organiser comme c’est le cas pour la Mauritius Bankers Association et à engager avec elle des sessions de travail portant sur leur développement. « Nous vous offrons notre partenariat », a-t-il conclu.