Paul Bérenger, leader du MMM, a, au cours d’une conférence de presse hier matin, mis au défi le MSM de démentir que ce parti n’a pas encaissé des contributions du groupe BAI pour un montant global de Rs 19 millions sur un compte à l’ex-Bramer entre le 3 avril 2010 et le 23 novembre de la même année. Le leader des mauves a fait ces allégations en donnant les détails des montants précis qui auraient été, selon lui, versés sur ce compte que le MSM aurait détenu à l’ex-Bramer ainsi que des dates auxquelles les différents versements auraient été effectuées.
Paul Bérenger considère d’abord contradictoire l’affirmation de sir Anerood Jugnauth par rapport à celle de son fils, Pravind, au sujet du financement ou pas du MSM par le groupe BAI aux dernières législatives de décembre. «Alors que le fils prétend que le MSM n’a rien reçu, le père reconnaît n’avoir obtenu que enn ti kas de Rs 250 000».
Le leader du MMM s’étonne que le MSM veuille faire l’impasse sur tout ce qu’il aurait obtenu en 2010  du groupe dirigé par Dawood Rawat. Il affirme ainsi que le MSM disposait d’un compte auprès de l’ex-Bramer. Dans ses allégations faites, Paul Bérenger va même jusqu’à donnerle numéro de ce compte bancaire (310000656) dont disposait, jusqu’à sa fermeture, le MSM auprès de l’ex-Bramer.
Le leader des mauves donne des détails sur  des versements de la BAI sur ce compte durant une période qui se serait étendue entre le 23 avril 2010 et le 23 novembre 2010. Des versements comme suit : le 23 avril 2010 – Rs 5 millions, le 30 avril 2010 – Rs 5 millions, le 20 mai 2010 – Rs 5 millions, le 24 août 2010 – Rs 2 millions, le 1er novembre 2010 – Rs 1 million et le 23 novembre 2010 – Rs 1 million, soit une somme globale de Rs 19 millions.
 «SBM et secret bancaire»
Autre allégation de Paul Bérenger : depuis 2008, sir Anerood Jugnauth, son fils Pravind et Roshi Bhadain disposaient de comptes bancaires auprès de l’ex-Bramer. Selon ce qu’affirme le leader du MMM, dans le cas de SAJ, il aurait fermé son compte de Rs 741 000 le 13 février 2015.
Le leader du MMM allègue que Pravind Jugnauth aurait, lui, disposé d’un compte en devises étrangères — dollars et livres sterling — équivalent à un montant de Rs 4,4 millions. Compte qui aurait été fermé le 9 janvier de cette année.
La dernière allégation de Paul Bérenger concerne Roshi Bhadain. Il aurait pour sa part disposé auprès de l’ex-Bramer d’abord d’un compte d’épargne d’un montant de Rs  700 000 ainsi que d’un compte courant de Rs 5,3 millions dont Rs 3 millions de créances qu’il aurait remboursées au moment de la fermeture de son compte le 18 février 2015.
Ainsi, pour le leader des mauves, tout ce qui a été dit ces derniers jours autour de l’ex-Bramer ne relèverait donc que de «l’hypocrisie». Selon lui, cela laisse supposer que la fermeture de cette banque aurait été «préméditée». «Il est clair que l’on a essayé d’utiliser l’ex-Bramer comme un outil politique au grand mépris du secret bancaire. Au regard de ce que le MSM a obtenu en 2010, il est facile d’imaginer ce qu’il en a été en 2014».
Après ses allégations sur la contribution qu’aurait reçue le MSM du groupe BAI en 2010, le leader des mauves lance un défi à ce parti de prouver le contraire. Paul Bérenger indique qu’il ne dispose pas de chiffres pour 2014 dans la mesure où, dit-il, l’ex-Bramer est entre-temps devenue la National Commercial Bank (NCB), une banque «dan lame gouvernma».
Le leader du MMM affirme avoir contre-vérifié tout ce qu’il avance. Mais il n’entend pas procéder comme le camp adverse, qui a fait circuler ce qui est présenté comme la copie d’un chèque de l’ex-Bramer de l’ordre de Rs 10 millions censé avoir été tiré à l’ordre du MMM.
«Il convient de garantir jusqu’à un certain point le secret bancaire», estime le leader des mauves. Paul Bérenger ne manque pas, à ce sujet, d’évoquer la toute récente nomination de ce qu’il appelle «un cheap politician» à la tête de la SBM. «L’on ne peut qu’espérer que des copies de chèques de la SBM ne seront pas dorénavant étalées en public !»
«Au MMM nous n’avons absolument aucun problème à rendre publiques toutes les contributions qui nous sont faites à travers notre compte en banque auprès de la MCB. Mais pour cela, il faudrait que tous les autres partis politiques soient, comme nous, disposés à le faire».
Et Paul Bérenger de renouveler son défi au gouvernement Lepep dirigé par le MSM de présenter un projet de loi pour la réglementation du financement des partis politiques. Une loi qui rendrait obligatoire la publication de toutes les contributions reçues par les partis «avec effet rétroactif à 2014» qui ferait provision, en cas d’infractions, à des peines d’emprisonnement.
«Les contribuables paieront»
Revenant pas ailleurs sur les implications de l’écroulement du groupe BAI, le leader de l’opposition estime qu’en raison de la mauvaise gestion de cette crise par le gouvernement, le pays croulera «pendant bien longtemps» sous un très lourd «fardeau financier». Il en sera de même, selon lui, pour les litiges en réclamation de dommages tant à l’étranger qu’à Maurice.
Après que le Premier ministre, «influencé par le ministre Bhadain», a affirmé que pas un sou ne sera puisé de l’argent public pour faire face à la situation, Paul Bérenger note dorénavant un tout autre langage du ministre Vishnu Lutchmeenaraidoo qui, trouve-t-il, «prépare déjà le terrain».
Pour le chef de l’opposition, il est évident que, comme précédemment pour les affaires de hedging à la State Trading Corporation (STC) et Air Mauritius, ce sont finalement les contribuables qui devront combler «l’énorme trou financier».
Il évoque à cet égard les derniers propos des Special Administrators quant à la nécessité d’emprunter pour parer au plus urgent en attendant que les actifs du groupe  trouvent preneurs. Le leader de l’opposition renouvelle à cet effet sa mise en garde contre l’éventualité que l’on puise du National Pension Fund (NPF).
Alors que, selon lui, le gouvernement continue de mener tout le monde en bateau le temps des municipales, Paul Bérenger pose la question de ce qu’il adviendra des salaires de tous les employés du groupe BAI au-delà de la fin du mois courant. Il note de même que le gouvernement refuse toujours de révéler le nom de l’institution bancaire auprès de laquelle une ligne de crédits à été contractée à cette fin.