Éviter que les compagnies privées ou des individus financent directement les partis politiques. C’est dans cette optique que la Confédération des syndicats des secteurs privé et public (CTSP) a proposé la création d’un fonds qui serait alimenté par le fonds CSR. Selon Reeaz Chuttoo, président de cette confédération syndicale, l’argent du contribuable « ne sera pas dépensé pour financer les formations politiques » à travers cette source de financement. Il suggère ainsi que les entreprises contribuent au fonds CSR à hauteur de 2,1%, au lieu de 2%, le 0,1% restant étant alors versé dans un fonds politique qui serait géré par la Commission électorale.

Selon ses calculs, si une telle éventualité devait se concrétiser, on se retrouverait alors avec un fonds de Rs 250 millions, qui serait alors distribué équitablement aux partis politiques qui brigueront les suffrages au bout de cinq ans. Pour lui, avec la formule actuelle, où les entreprises et individus contribueront directement aux partis politiques, « la porte de la corruption et celle du trafic d’influence sera grande ouverte ».
Se référant à la proposition faite par les parlementaires de l’opposition au sujet de la nécessité de mettre sur pied un Select Committee pour revoir les dispositions du Political Finance Bill, Reeaz Chuttoo a déclaré mercredi, lors d’une conférence de presse tenu à Rose-Hill en présence des membres de son exécutif, que le cahier de charge de ce comité doit être élargi pour inclure la CSTSP, d’autres formations syndicales ainsi que des membres de la société civile.

D’autre part, le syndicaliste devait faire ressortir qu’une « psychose s’est installée parmi les travailleurs ». Le spectre de la mise en application du Protection of Employment Bill est resté « au travers de la gorge des travailleurs », dit-il, lorsqu’il avait été présenté en première lecture en 2005 à la veille des élections générales. Si ce projet de loi n’a jamais été adopté, il dit craindre fortement que tel sera le cas avec les projets de loi New Workers Rights ou encore le Portable Allowance Gratuity Fund. En attendant ces projets de loi, « beaucoup d’entreprises ont commencé à geler les négociations collectives », selon lui.

Il dit par ailleurs apprécier le fait que le gouvernement ait accordé une augmentation salariale de Rs 1 000 aux fonctionnaires, mais que la relativité salariale « doit être revue » et que le National Remuneration Board (NRB) doit faire diligence « afin de faire des ajustements appropriés dans ses Remunerations Orders ». Il a demandé aux travailleurs de « rester mobilisés » en vue de déclencher des actions syndicales si le gouvernement ne vient pas de l’avant avec la réforme des lois du travail avant la prochaine joute électorale. Pour l’heure, dit-il, la campagne de sensibilisation de la CTSP sur les lieux du travail se poursuit.