Le leader de l’opposition, Xavier-Luc Duval, a été catégorique hier. Le PMSD ne votera pas le projet de loi sur le financement des partis politiques et réclame la mise sur pied d’un Select Committee pour travailler les amendements à apporter à ce texte de loi. « Nous avons raté le coche », a-t-il dit au sujet de l’abandon de l’idée d’une participation de l’État au financement des partis politiques. Et de souligner que « le maintien de la démocratie a un coût ».

Xavier-Luc Duval a déploré les critiques formulées par le Premier ministre au sujet du rapport sur la réforme électorale soumis en 2016 par le comité qu’il avait présidé alors qu’il était Premier ministre adjoint en soulignant que cette instance était composée de Senior Members du gouvernement. « Ce rapport a été approuvé immédiatement par le Cabinet et envoyé ensuite au Parquet. We were all happy of this report qui visait plus de transparence et d’accountability », a-t-il dit.

Xavier-Luc Duval a ajouté que le chef du gouvernement a pris « 39 mois pour venir avec un document d’une vingtaine de pages à la veille des élections » et pour lequel il recherche le consensus de la Chambre alors que l’opinion de l’opposition, a-t-il ajouté, « n’a pas été recherchée avant la préparation » du projet de loi. « Il n’y a eu aucun effort pour consulter les autres partis politiques. We were not allowed to put any input in this bill et nous déplorons cette attitude cavalière du gouvernement sur un sujet aussi important. La population n’acceptera pas qu’on tripote avec la Constitution », at-il regretté, en ne manquant de faire remarquer au Premier ministre que le gouvernement devra obligatoirement obtenir trois-quarts des voix de la Chambre pour apporter de tels changements majeurs à la Constitution. « Les pères de la Constitution ont eu raison de fixer ce trois-quarts de votes nécessaires », ajoutera-t-il au sujet de cette exigence constitutionnelle.

Et de réclamer au Premier ministre de nommer un Select Committee pour voir les amendements à apporter à ce projet de loi et d’y inviter les autres partis à y participer. « This is my suggestion and you can appoint this committee immediately. »

Un des points soulevés par le leader du PMSD avait trait à la décision du gouvernement de ne pas inclure une participation de l’État au financement des partis politiques alors que cet aspect figurait dans le rapport du comité qu’il avait présidé. Il s’est appesanti sur la contribution de l’État en soutenant que « pas moins de 70% des démocraties au monde bénéficient de “State Fundings” ». Il reprend : « This is a good thing for free and fair elections. Nous avons raté le coche et il faut admettre que la démocratie a un coût. » Il a commenté le montant maximum des dépenses proposé dans le projet de loi pour une participation dans une élection générale. « Selon nos calculs, pour la participation de 62 candidats, y compris Rodrigues, un parti seul ou en alliance a droit à un maximum de Rs 83 millions. Its a big amount of money to raise », s’est-il exclamé.

Ce dernier a aussi émis des critiques sur la composition de l’Electoral Supervisory Commission, dont certains membres, selon lui, seraient des « political agents ». Et d’affirmer avoir fait part de ses observations à ce sujet au président de la République. Selon lui, cette institution ne serait pas indépendante. « J’ai dit au président qu’il est inacceptable que certaines personnes avec des liens politiques soient nommées au sein de cette Commission et je lui ai expliqué les raisons pour lesquelles, à mon avis, il faudrait changer complètement la composition de cette instance. Il faut avoir une nouvelle Electoral Supervisory Commission et qui soit totalement indépendante », a-t-il déclaré.

Du point de vue du leader de l’opposition, ce projet de loi « is objectionable because it is vague ». Ajoutant que son parti ne peut voter pour un projet de loi qui soit « imprécis ».