Le leader de l’Alliance Lepep, sir Anerood Jugnauth, a donné des indications sur le financement de l’augmentation de la pension de vieillesse à Rs 5 000, qui serait appliquée à son arrivée éventuelle au pouvoir, sans avoir à augmenter les taxes. Il a, entre autres, promis l’élimination des gaspillages notamment au sein de la fonction publique et des corps para-étatiques comme le démontre le rapport de l’Audit tous les ans, et d’éliminer « les nombreux postes de conseillers de ministres qui existent au sein du gouvernement sortant ». C’était hier, lors d’un congrès nocturne à Sawmill Lane, à Phoenix.
SAJ affirme qu’il a décidé d’augmenter la pension de vieillesse exprès parce que « zot fer kanpagn kont moi, zot dir mo pou tir pension vieillesse kan mo vinn au pouvwar ». Le leader de l’Alliance Lepep affirme que s’il a maintenu la pension universelle en 1982-83 et ce malgré la mauvaise situation économique d’alors, « est-ce qui zordi mo pou koup pension ? Abé mo pe montré zot ki mo pou ogmant li à Rs 5 000 quand mo pou vinn au pouvoir ». SAJ affirme qu’il n’y a aucune raison d’augmenter la TVA pour financer cette hausse de la pension tout simplement parce qu’il y a d’autres sources de financement. Parmi, il évoque l’« élimination de nombreux postes de conseillers de ministre ». « Sa kantite adviser gouvernman ena là komien payer par moi, roule loto et lesens gouvernman, overtime, kantite pe payer pou narien. Gaspillages. Nek ena pour lire rapport lodit ou trouvé par milliard pe gaspiller ». Sir Anerood Jugnauth annonce la mise en place d’une commission permanente pour contrôler toutes les dépenses des ministères dès qu’il sera au pouvoir. Il devait aussi dire que « le Premier ministre gaspille également l’argent des contribuables » en évoquant, entre autres, ses voyages. Il affirme que la population continue à payer pour le « hedging » et note qu’il y a plusieurs scandales liés à des situations « kot zot inn kokin ».
Il a évoqué le projet de nouvelle carte d’identité nationale qui au départ devait coûter « Rs 300 millions et qui au final a coûté Rs 1,3 milliard ». Il a aussi déploré « le système de variation project mis en place par le gouvernement qui permet de revoir à la hausse le financement d’un projet quelconque au cours de sa réalisation ». Pour lui, « c’est une manière déguisée pour allouer des contrats aux proches et ensuite augmenter le coût pour qu’ils puissent en bénéficier ». Sir Anerood Jugnauth a aussi critiqué le projet de métro léger, qui n’est pas viable, dit-il, et a affirmé que « le pouvoir colonial laissait gratuitement à la disposition du pays des trains qui desservaient tout le pays et qui ont été vendus pour dipin, diber ». Pour lui, il aurait suffi de les conserver et de les électrifier.
Commentant le projet de IIe République, le leader de l’Alliance Lepep estime que « le partage de pouvoir entre le président de la République et le Premier ministre serait un grand danger pour la stabilité du pays ». « Sa boug la (ndlr : Navin Ramgoolam), li enn danger pour sa pei la et avec Bérenger, zot vinn enn plu gran danger. Zot pou fini sa pei là. IIe République se enn katastrof pou sa pay la », a déclaré SAJ hier soir. Le partage de pouvoir comme le préconisent Navin Ramgoolam et Paul Bérenger entre le président de la République et le Premier ministre sous une IIe République, dit-il, équivaudrait à un conflit constant entre ces deux postes. Par conséquent, il n’y aura jamais un gouvernement stable, soutient sir Anerood Jugnauth. De plus, il estime que cette instabilité engendrera un manque de confiance et que les investisseurs étrangers n’investiront plus dans le pays avec pour conséquence l’absence de progrès et de prospérité. Pour sir Anerood Jugnauth, Ramgoolam et Bérenger le savent puisqu’ils prévoient la mise en place d’un comité pour régler d’éventuels conflits entre eux. Il est d’avis que si Navin Ramgoolam revient au pouvoir, « il laissera le pays en situation de faillite au bout de cinq ans ».
Sir Anerood Jugnauth a aussi observé que les moeurs se dégradent dans le pays et attribue la responsabilité au Premier ministre. Il a fait un appel aux personnes présentes, leur rappelant que le pouvoir de décider de l’avenir du pays est entre leurs mains.