La Deutsche Bank a définitivement tiré sa révérence, son départ de Maurice étant effectif depuis le 6 décembre dernier. Vendredi après-midi, la banque de Maurice a d’ailleurs émis un communiqué à cet effet, stipulant : « Deutsche Bank (Mauritius) Limited has, effective 6 December 2018, surrendered its Banking Licence in terms of section 11(7) of the Banking Act 2004. Accordingly, Deutsche Bank (Mauritius) Limited has ceased to carry on the business of banking in Mauritius. »

Depuis juillet, le groupe bancaire allemand avait en effet signifié aux autorités régulatrices locales sa décision de quitter le territoire mauricien. La Deutsche Bank (Mauritius) était en opération à Maurice depuis 1995 et employait quelque 300 personnes. Celles-ci – qui ont été compensées financièrement – ont d’ailleurs déjà été redéployées dans d’autres institutions financières à travers le pays. Cette fermeture à Maurice fait suite aux déboires financiers majeurs qu’a connus le Deutsche Bank Group, dans le sillage de la crise des “subprimes” notamment.

Ces dernières années, elle s’était retrouvée dans une situation catastrophique, frôlant la faillite. En 2015, le groupe avait comptabilisé des pertes de Rs 280 milliards à l’échelle mondiale, annonçant la suppression de 9 000 postes et la fermeture de quelque 200 filiales. Au dernier exercice financier, les pertes s’élèvent à 735 millions d’euros, soit environ Rs 28,9 milliards. Dans certains milieux proches de la Deutsche Bank à Maurice, on explique que le groupe bancaire a été hautement fragilisé depuis la crise de 2008 et qu’il a dû se réorganiser complètement, « éliminant notamment ses activités “offshore” dans plusieurs juridictions afin, notamment, d’éviter encore des “reputational risks”, car le groupe a déjà été sanctionné suivant des allégations de blanchiment d’argent et pour ses produits toxiques pendant la crise », fait valoir un banquier, avant d’ajouter : « Le groupe veut réparer les dégâts causés à sa réputation et refaire son image. » La fermeture de la filiale mauricienne fait toutefois partie d’un exercice de rationalisation plus large de ses opérations avec la suppression de plusieurs filiales à travers le monde. Le groupe bancaire allemand n’ayant pas engrangé de bénéfices pendant plusieurs années, les actionnaires lui ont demandé de “re-focus” ses opérations sur l’Allemagne et d’éliminer toutes les filiales qui lui rapportaient un “marginal profit”.

L’objectif premier étant de se remettre à flot et d’éviter la faillite à tout prix, car la faillite d’un groupe bancaire de cette ampleur aurait provoqué des dommages collatéraux énormes dans tout le système bancaire européen. Dans les milieux de la Banque de Maurice, on fait comprendre que ce départ « n’a absolument rien à voir avec Maurice » tandis que dans certains milieux bancaires, on parle d’un « impact mitigé », ajoutant que cette fermeture « n’entache en rien le système bancaire local, qui demeure solide, ni n’affecte notre réputation de notre centre financier.