Suite au come-back de Dev Manraj à la tête du ministère des Finances, après le départ forcé de l’ancien secrétaire financier, Ali Michael Mansoor, les préparatifs en vue de la présentation du budget 2014 reprennent leur rythme de croisière. Une nouvelle étape sera abordée avec le retour dans la semaine du vice-Premier ministre et ministre des Finances, Xavier-Luc Duval, de l’assemblée générale conjointe de la Banque mondiale et du Fonds monétaire international à Washington. Le nouveau secrétaire financier, qui a déjà fait un tour d’horizon in-house de la situation, a esquissé les principales préoccupations à l’hôtel du gouvernement dans le run-up budgétaire.
« La priorité des priorités reste l’emploi. Il est un fait qu’un problème existe principalement au niveau de l’embauche des Degree holders. En prévision du prochain budget, nous devrons pouvoir address that particular issue tout en gardant en tête la nécessité pour l’économie de générer des emplois productifs », a déclaré hier à Week-End le nouveau secrétaire financier.
« Le Reform Agenda est encore d’actualité car c’est à travers ce programme de réformes que la restructuration de l’économie se poursuivra. L’heure est à des mesures en vue de revitaliser et redynamiser des secteurs économiques », affirmait Dev Manraj alors qu’il s’apprêtait à animer une séance de travail hier avec ses principaux collaborateurs au ministère des Finances.
Sans dévoiler les lignes directrices du budget 2014, le secrétaire financier avance que la définition du « Roadmap for the Ocean Economy is high on the agenda ». Il concède qu’une attention particulière s’impose en vue de relancer le secteur de la construction, qui passe par une période extrêmement difficile avec une décélération de 9% de la croissance pour cette année.
« Il n’y a pas mille façons pour aborder les problèmes de l’industrie du bâtiment. Des projets du secteur privé doivent pouvoir démarrer alors que dans le secteur public les inhibiting factors identifiés au niveau des projets d’infrastructure demandent à être éliminés », ajoute le secrétaire financier. Beaucoup d’espoirs sont fondés sur le projet de métro léger entre Curepipe et Port-Louis pour insuffler un nouvel élan à la création d’emplois dans ce secteur avec des effets d’entraînement sur d’autres pans de l’économie.
Au sujet d’un éventuel Stimulus Package pour encadrer les efforts de création et de préservation d’emplois de la part des opérateurs économiques, le secrétaire financier n’a pas voulu s’aventurer pour faire des commentaires sur des options budgétaires. Au retour de Xavier-Luc Duval de Washington et après la visite officielle du président du Gabon, le fils d’Omar Bongo, les discussions sur le budget devront connaître une nette accélération dans des séances de travail régulières avec le Premier ministre, Navin Ramgoolam, mais également des consultations avec les stakeholders du secteur privé.
Toutefois, un véritable casse-tête se pose au ministère des Finances. À cette époque de l’année avec neuf mois déjà passés, l’heure est au décompte des recettes fiscales enregistrées. Des recoupements d’informations de sources concordantes indiquent que le shortfall probable dans les recettes publiques cette année pourrait être de l’ordre de Rs 4 milliards.
Au ministère des Finances, l’on se refuse à confirmer ou à infirmer ce détail spécifique, même si l’on reconnaît que la Tax Buoyancy ne serait pas la même qu’envisagée lors de la présentation du budget 2013 à la fin de l’année dernière. Et cela, indépendamment des déclarations venant de la direction de la Mauritius Revenue Autority au sujet de revenus fiscaux prévus de Rs 64,7 milliards cette année.