L’agence Moody’s Investors Service a revu, hier, à la hausse la notation de Maurice, la portant de Baa2 à Baa1. Cette notation porte sur la capacité du pays à contracter des emprunts tant en roupies mauriciennes qu’en devises étrangères. Moody’s estime que les perspectives futures en matière de notation du pays sont désormais stables.
Le relèvement de la notation de Maurice, explique Moody’s, repose sur trois facteurs : 1) le renforcement de la capacité institutionnelle qui devrait contribuer davantage à la résilience économique mauricienne aux chocs exogènes, 2) la diversification accrue de l’économie nationale dans des services à plus forte valeur ajoutée ainsi que le positionnement du pays en tant que plateforme financière et d’investissement tournée vers l’Afrique et l’Asie et 3) les progrès significatifs enregistrés par le gouvernement concernant la réduction du fardeau du service de la dette et l’amélioration de la structure de la dette avec le recours à des prêts à maturité plus longue.
« The main driver behind the decision to upgrade Mauritius’ rating is the clear strengthening of the institutional framework, which is expected to permit the economy and public finances to circumvent a protracted negative impact from any shocks emanating from Europe, the country’s largest trading partner », écrit Moody’s. L’agence observe que des mesures ont permis à l’économie de continuer de croître durant la récession globale de 2009. Le National Resiliency Fund et le National Pension Fund ainsi que le programme d’emprunts multilatéraux ont été établis comme boucliers pour faciliter la poursuite des dépenses dans des projets sans que cela n’affecte outre mesure le déficit budgétaire. Moody’s fait plus particulièrement allusion au Public Sector Investment Programme établi sur plusieurs années et qui prévoit des dépenses représentant environ 8 % du Produit Intérieur Brut (PIB) du pays jusqu’à 2016. « The PSIP will primarily act as a countercyclical tool in order to counter the increasingly uncertain prospects of global growth », souligne l’agence. Le PSIP, ajoute-t-elle, va préparer l’économie mauricienne à prendre avantage de toute reprise de l’économie globale.
Le rapport de Moody’s soutient que les progrès enregistrés dans la diversification de l’économie mauricienne, cela grâce à des investissements étrangers provenant de diverses sources, ont motivé sa décision de rehausser la notation du pays. L’investissement direct étranger agit actuellement comme un financement d’une partie du déficit structurel des comptes courants de la balance des paiements, déficit qui a apparu avec la chute des recettes d’exportation sucrière et textile à la mi-2000. « Mauritius has undertaken various steps, including broadening its economic cooperation with China and India, and is actively transitioning the economy from a comparatively low-skilled exporter to that of a highly-skilled service-based economy », fait ressortir Moody’s, qui considère que les progrès enregistrés dans ce domaine vont aider à mitiger la vulnérabilité de l’économie mauricienne à des facteurs exogènes.
Meilleure collecte de revenus fiscaux
L’agence remarque que les démarches des autorités pour positionner Maurice comme porte d’entrée pour les investissements en Afrique devraient rapporter des fruits dans le moyen terme. Moody’s fait surtout allusion aux divers traités de non-double imposition avec des pays africains ainsi qu’au projet d’internationalisation de la Bourse de Port-Louis.
« The third driver is the renewed positive trend in Mauritius’s debt dynamics, after a temporary increase in debt was recorded during the global financial crisis », déclare Moody’s. Celle-ci remarque que la dette à court terme a été ramenée à 22 % de la dette totale par rapport à 30 % en 2007. Le gouvernement, selon elle, peut aujourd’hui se fier entièrement au marché local très liquide pour l’obtention de crédits. D’autre part, il est estimé que l’« external exposure is modest » même si les emprunts contractés auprès des institutions multilatérales sont en train d’augmenter. Moody’s constate que les paiements sous forme d’intérêts en pourcentage des recettes ont baissé, passant de
21,7 % en 2007 à 14 % en 2011, cela grâce à des taux d’intérêts plus faibles et une meilleure collecte de revenus fiscaux.
« Although both Mauritius’s affordability ratio and current debt stock still compare unfavourably with those of Baa-rated peer countries, Moody’s remains cautiously confident that improvements in Mauritius’s debt dynamics are likely to continue », soutient l’agence. Cette dernière s’attend à ce que Maurice continue à emprunter auprès des bailleurs de fonds bilatéraux et multilatéraux à des taux concessionnels au cours des prochaines années pour financer le programme de développement du pays. « Moody’s views positively the Mauritian government’s commitment, as stated in the amended 2008 Debt Management Act, to lower public-sector debt to below 50 % of GDP by 2018 compared with 57 % at the end of 2011 », indique le rapport.
Cependant, Moody’s prévient que « a significant and permanent reduction of Mauritius’ vulnerability to external volatility and shocks would exert positive pressure on the rating ». La bonne performance économique de Maurice durant la crise financière globale, précise-t-elle, est due aux interventions accrues du gouvernement. « Should external demand fail to recover sufficiently, Moody’s warns that a further shock could lead to Mauritius recording substantial debt-metric deterioration, a scenario which would exert downward pressure on the rating », conclut l’agence de notation.