Pravind Jugnauth a, lors de sa première conférence de presse depuis qu’il a pris ses fonctions de ministre des Finances, mis un terme au mystère entourant la date de la présentation du Budget 2016-17. Celui-ci aura lieu le vendredi 29 juillet. Pravind Jugnauth a révélé que l’exercice budgétaire privilégiera la discipline budgétaire et la prudence financière alors que la stratégie budgétaire s’articulera autour de la discipline fiscale. La réduction de l’endettement public au niveau de 50% du PIB en 2018, a reconnu le ministre, constitue un « défi énorme ».
Lors de sa conférence de presse, Pravind Jugnauth a également expliqué avoir eu des consultations, non seulement avec chaque ministre du gouvernement mais également avec des opérateurs économiques. Le grand argentier s’est réjoui que les ministres lui ont « assuré leur collaboration » et ont accepté de revoir certains projets qui ne sont pas prioritaires. « Chaque projet sera considéré en fonction du budget disponible et en fonction de sa priorité », a fait comprendre le ministre des Finances.
Parmi les grands défis auxquels sera confronté le prochain Budget figure la croissance économique, qui devra considérer toutes les ambitions et la vision de l’avenir. Passant en revue les quatre principaux piliers économiques, Pravind Jugnauth a observé que si le tourisme se porte bien, les secteurs manufacturier, sucrier et financier connaissent des difficultés et doivent faire face à beaucoup de compétitions.
D’autre part, a affirmé le ministre des Finances, le Brexit impactera l’économie compte tenu de la baisse de la valeur de la livre, qui affecte les exportateurs vers la Grande-Bretagne. L’investissement constitue un autre défi à relever car l’investissement privé est en baisse. Le gouvernement se trouve ainsi devant un dilemme : une augmentation des investissements publics de manière à compenser la baisse de l’investissement privé entraînerait une augmentation des dépenses publiques, et donc du déficit budgétaire, et par conséquent la dette publique, qui a déjà dépassé les limites fixées.
Autre facteur qui impacte l’économie mauricienne : le vieillissement de la population. Au niveau de l’emploi, le ministre des Finances a souligné que le gouvernement s’est engagé dans une réforme du système éducatif pour suivre l’évolution mondiale et répondre aux besoins des employeurs ainsi que corriger l’inadéquation entre la formation et l’emploi. Un changement de « mindset » a dès lors été plaidé : « Il est impératif de remettre en cause notre mentalité, nos habitudes, la performance de nos institutions de même que notre cadre légal. »
Répondant à des questions, le ministre des Finances a fait comprendre que, pour le moment, il ne pouvait que passer en revue la situation sans entrer en détail dans les mesures préconisées qui seront annoncées lors du Budget. L’objectif de n’importe quel budget, devait-il toutefois préciser, est d’introduire des mesures afin de faciliter la relance économique. Pravind Jugnauth a aussi rappelé que les recommandations du Plan Marshal sur la pauvreté seront prises en compte par le Budget. Concernant la création d’une “duty free island”, le ministre des Finances a observé que « les choses ont beaucoup évolué » depuis qu’il a lancé cette idée, ajoutant qu’aujourd’hui, « plus de 93% des produits sont exemptés de taxe douanière ». Il faut toutefois faire attention, a-t-il précisé, « de ne pas mettre en péril la production locale ». Dans ce contexte, Pravind Jugnauth a révélé que, dans le cadre de la mise en place d’une zone de libre-échange dans la région du COMESA et de l’Afrique australe, le gouvernement a effectué, « avec succès », des démarches afin de protéger la production locale de margarine.