“L’Histoire de Port-Louis, notre capitale, est parsemée d’incendies ravageurs. Si le bois possède indéniablement l’immense avantage de pouvoir isoler de la chaleur tropicale, procurant un bien-être immédiat, il n’en eut pas moins l’inconvénient majeur de pouvoir servir de combustible facile et propagateur, occasionnant régulièrement des ravages sur des étendues touchant des quartiers entiers. De tout temps, la ville fut vulnérable aux feux et son Histoire est pleine de récits terrifiants où des habitants perdaient tout en quelques heures tristement inoubliables”, annonce le Blue Penny Museum en guise d’introduction.
Au milieu de ces grands désastres, une étincelle d’espoir : la cloche des pompiers. À travers l’histoire, ces derniers ont toujours été sur le pied de guerre pour tirer à grands coups de canon (à eau) sur les flammes qui auraient réduit l’histoire en poussière. Mais demeurent des épisodes sombres : “L’incendie de juillet 1893 fut, de sinistre mémoire, l’un des plus dévastateurs que Port-Louis ait connus. Un quartier entier, très commerçant, comprenant notamment la rue de La Chaussée et de nombreuses autres, fut en une nuit la proie des flammes. Un an après le célèbre cyclone de 1892, certainement le plus coûteux en vies humaines, l’incendie de 1893 sembla l’estocade. Après les épidémies de malaria, de variole, de choléra, la fatalité semblait s’acharner sur la ville. Fatalité… ou négligence ? Il semble que le déroulement de la lutte cette nuit-là cumula les erreurs et, au petit matin, la vision de désolation qui se présenta aux citadins ne tarda guère à laisser place aux comptes… Mais la leçon fut pourtant tirée, on réorganisa de fond en comble le Service des pompes, créant un corps de Sapeurs-Pompiers structuré et ayant désormais autorité; on indemnisa les victimes assurées rubis sur l’ongle dans un délai record; on se solidarisa des victimes; on fit venir d’Angleterre à grands frais des véhicules dernier cri, adaptés et performants.”
L’exposition qui se tient en ce moment au Blue Penny Museum raconte ces histoires sorties des braises par des photos et des souvenirs. La cloche de la caserne y a sa place, de même que la grande échelle, une pompe à eau, un control panel en teck, des casques… On retrouve les images de ce vieux Port-Louis, des cendres duquel a émergé la cité d’aujourd’hui.
Le souvenir des pompiers y est indélébile. La trace qu’ils ont laissée, en sauvant ce qu’ils pouvaient, est gravée au fer rouge dans l’histoire.