Instinct de vie et instinct de mort. Des énergies qui se confrontent en permanence dans l’histoire de l’Homme. Au sens du plasticien, l’instinct de vivre est présent dans la foi aussi bien que dans le sexe et dans la création artistique. Firoz Ghanty évoque à ce propos la mélancolie qui s’installe après l’amour. Il en appelle aussi à l’énergie qui s’estompe après l’extase. Or, la création est perçue comme une jouissance. “Même quand la sexualité n’est pas visible en soi dans une oeuvre d’art, elle est nécessairement présente.”
Peindre est pour notre intervenant une extase. Ne pas avoir un lien organique entre l’artiste et son oeuvre est impossible. “Si ce n’est pas moi avec mon expérience et mon vécu, je ne peux pas faire ces créations. Et lorsqu’on me demande combien de temps j’ai pris pour faire ça, je réponds : presque soixante ans.” Expériences cumulées et découvertes, ainsi que pratiques, réflexions et maîtrise sont mises à contribution dans ses travaux.
Ruptures s’inscrit dans l’absurde et le non-sens et l’absence de sujet en tant que tel afin de provoquer… une réflexion. Des éléments sans relation sont confrontés dans un ensemble cohérent pour faire une oeuvre. À cela s’ajoute un soupçon de malice, comme dans Oxymore et Oxymore II. Le but du jeu n’est pas de montrer un sexe féminin, qui captive les regards, mais de faire se confronter des choses qui n’ont aucune relation. Ceci toujours dans une esthétique pure.
Comme quoi, l’art ne sert à rien, mais est indispensable. Car un peuple sans culture est un homme sans tête !
Ruptures est visible jusqu’au 5 décembre, entre les murs de la Ghanty House à Cascadelle, Beau Bassin. Exposition ouverte de 10h30 à 17h, sauf les dimanches.