La culture d’élevage de poissons en cage, accueillie favorablement par la communauté des pêcheurs de l’île, a connu quelques soucis. « Entre 20 et 30 % des alevins placés en mer ont été retrouvés morts après trois semaines », a déclaré Patrick Fortuno de la Mauritius Fishermen Cooperative Federation (MFCF).
« Les difficultés d’acclimatation des poissons à l’eau de mer leur auraient été fatales », a expliqué Patrick Fortuno, Officer in Charge de la MFCF hier au Mauricien. Des 4 000 berris rouges placés en cage en juin dernier, « entre 20 et 30 % de la population des alevins n’ont pas survécu ». Ce constat de M. Fortuno et des pêcheurs regroupés en coopérative a été fait trois semaines après que les poissons en captivité au Albion Fisheries Research Centre ont été placés dans le lagon dans le cadre de la promotion des projets d’aquaculture prônés par le gouvernement pour une « économie bleue ».
Néanmoins, l’Officer in Charge de la MFCF explique qu’après cette période de transition, les alevins grandissent dans les « net cages » offertes par le ministère de la Pêche. Une nouvelle pratique qui à ce stade est pratiquée sur une base pilote par des pêcheurs de Trou-d’Eau-Douce, de Grand-Gaube, entre autres. Les premiers résultats devraient être visibles en septembre.
Cependant, cette perte de berris rouges ne devrait pas affecter le « rendement » de la première cuvée estimée à 1,2 tonne de poissons puisqu’ils ont été remplacés par des cordonniers « avec l’accord des autorités compétentes », soutient Anthony Chung, facilitateur de la Saint-Pierre Multipurpose Fishermen Cooperative Society. « Les pêcheurs craignaient que les poissons offerts ne résistent pas aux conditions dans le lagon. Et effectivement, quelques semaines après, des alevins sont morts. Nous avons suggéré au ministère de nous fournir des cordonniers pour la réussite du projet », affirme-t-il.
Du côté du ministère de la Pêche, ce constat étonne. « The berris rouges were successfully acclimatized to sea water from fresh water at the Albion Fisheries Research Centre », explique un officier de ce ministère. Rappelons que le projet pilote d’élevage de poissons en cage a été lancé à Trou-d’eau-Douce. Les membres de la Trou-d’eau-Douce Fishermen Cooperative Society, qui bénéficient du soutien des ministères de la Pêche et des Coopératives, sont responsables de la réussite de ce projet. « Un groupe de cinq pêcheurs passe en moyenne trois heures en mer afin de donner à manger aux alevins (NdlR : nourriture fournie par le ministère de la Pêche). Ils s’occupent ensuite de la surveillance et la maintenance des structures qui se trouvent dans le lagon », explique M. Fortuno.
Ce projet, qui a vu le jour grâce au soutien financier de l’Union européenne, est placé sous l’égide du Fishermen Investment Trust (FIT). Au ministère de la Pêche, l’on explique que la culture de poissons en cage répondra d’abord à la demande locale pour les produits marins. L’exportation sera ensuite envisagée vers des destinations comme La Réunion et l’Afrique du Sud.