En réponse au ministère de l’Éducation qui avait affirmé qu’elle n’est pas habilitée (no locus standi) pour demander une Judicial review de la décision de « Five Credits » obligatoires en Lower VI, la Managers of Private Secondary Schools Union met en avant, dans un affidavit hier, son engagement dans le monde éducatif depuis des nombreuses années et son « concern for the well-being of our students ».
Pour rappel, dans son affidavit logé le 4 septembre dernier dans l’affaire concernant la demande de la MPSSU pour une Judicial Review, le ministère de l’Éducation, le Respondent N° 1, avait argué que « The applicant has no locus standi to enter the present application ». Le demandeur a répondu hier dans un deuxième affidavit que ses membres sont des éducateurs dévoués ayant consacré toute leur carrière à la cause de l’éducation. Il ajoute qu’ils sont les mieux placés pour réclamer une Judicial Review de par leurs fonctions de managers d’établissements scolaires. « And as Managers of educational institutions, we are much better placed than the decision-makers who write off whole generations of students because of a supposed inability to achieve five instead of three credits ».
La MPSSU fait ressortir aussi le nombre d’années de ses membres à côté des élèves fréquentant leurs institutions et de ce fait, dit le plaignant, les managers sont tout aussi concernés que les parents de ces élèves qui risquent d’être exclus de l’école à cause de « décisions irrationnelles ». « We derive our locus standi because of our proximity and concern for the well-being of our students. We are as much concerned as the parents whose children are likely to be excluded by the irrational decision of the Respondents. We have been spending years with those students who attend our institutions ». Soulignons que le ministère et la Private Secondary Education Authority sont les deux Respondents.
Selon le ministère de l’Éducation, la demande de la judicial review par la MPSSU avait été faite « outside delay » vu que la décision contestée date du 19 mai dernier. La MPSSU a cependant donné hier les raisons pour lesquelles sa demande a été faite le 14 août dernier. D’abord, dit-elle, ses membres ont eu des « extensive consultations » avec les PTAs de leurs écoles et ont eu aussi des « informal communications with decision-makers, including officers of the Respondent N° 1 ». Elle affirme aussi qu’au moment où sa demande a été logée, la Cour suprême était en congé et que la motion a été enregistrée le 4 septembre. « The 14th August 2017 falls during a period when the Supreme Court is in recess and the motion paper was filed on the 4th September 2017, the earliest date available from the Registry of the Supreme Court as it fell on the first day of the third term ».
La MPSSU soutient qu’elle a agi « with due diligence » et « dans un délai raisonnable » sur une question de « grand intérêt public ». La MPSSU dit qu’elle ne croit pas que la date de sa demande pourrait causer « préjudice » aux deux Respondents dans la mesure où, explique-t-elle, la décision de limiter l’entrée en Form VI ne prendra effet qu’en 2018, soit après la proclamation des résultats du School Certificate (SC). « Hence, it is well within delay for the Respondents to reconsider their stand and for the Honourable Court to review the latters’ decision », soutient la MPSSU.
Dans ce nouvel affidavit, la MPSSU dit aussi qu’elle est convaincue que « the subject-matter of this case is a constitutional issue » et peut avoir une incidence « sur l’avenir et le développement de la carrière de toute une génération d’élèves » poursuivant leurs études en ce moment dans les écoles secondaires. Pour elle, cette décision du ministère « is inextricably linked with the right of a child to complete a free sixth-form educational program set up by the State of Mauritius ».