J’ai écrit au Monseigneur Maurice Piat en plus d’une occasion pour demander que le Diocèse de Port-Louis prenne des initiatives afin de conscientiser le public sur les fléaux qui rongent notre société. J’ai été ravi de constater qu’un groupe de prêtres a réagi face au climat social d’insécurité, de peur, de manque de confiance et de dégradation dans certaines institutions qui se fait sentir dans le pays. Il est tout à fait correct, honnête et légitime pour eux d’avoir décidé d’évoquer ce qui se rapporte à la société. Je souhaite de tout coeur que cela encouragera également les autres prêtres à s’exprimer pour s’assurer le règne de la justice et de la paix. Cela doit se faire, n’en déplaise à certains politiciens.
Je me souviens de l’homélie du père Jean Claude Véder pour la fête de la Saint Louis l’année dernière; il a parlé du lien étroit entre la foi et la vie quotidienne de nous tous. L’Eglise catholique ainsi que les autres religions du pays ont le droit d’interpeller le gouvernement, quel que soit le parti concerné, quand elles pensent qu’il y a eu maldonne ou injustice vis-à-vis de la population peu importe le pourcentage de gens impliqué; “Justice must not only be done but must be seen to be done”. Les différentes religions ont également le droit de commenter sur les maux de la société et de critiquer le mode de fonctionnement de certaines institutions. Évidemment, le pouvoir n’aime pas les critiques, réaction tout à fait naturelle, mais les religieux ont le devoir de faire entendre les cris de détresse et de souffrance de certaines personnes, de dénoncer les abus, d’être le porte-parole des sans-voix, de dire ce que les autres ont peur d’affirmer par peur de représailles. Il ne faut pas oublier qu’ils ne sont pas que des prêtres mais des citoyens à part entière détenant le droit de vote.
Je souhaite que ce ne soit qu’un commencement et que ces religieux poursuivent leur action de sensibilisation civique. Je suis certain que les autorités réagiront en conséquence pour le bien-être du peuple mauricien pour qu’il y ait justice et équité pour tous les citoyens peu importe leur ethnie ou leur classe sociale. On entend souvent les politiciens mettre en exergue la question de la liberté d’expression quand ils entendent quelque chose qui leur plaît mais ceux-là même se servent d’une expression moins élogieuse quand le contraire se produit. Que cela ne soit pas un obstacle à la persévérance des prêtres !
Je vous remercie en mon nom personnel et suis prêt à vous accorder tout le soutien requis pour continuer dans cette voie, cela pour assurer un climat social sain et le respect des valeurs humaines.