« Une épée de Damoclès sur notre tête ». C’est ainsi que résument les Beach Traders de Flic en Flac et de Grand-Baie la menace d’éviction qui pèse sur eux. Nouvelle qu’ils ont apprise dans la presse et qu’ils ne comprennent pas, la Beach Authority (BA) ayant renouvelé leur permis d’opération, sans sourciller, en décembre dernier. Soucieux, ils s’organisent pour rencontrer le ministre Abu Kasenally pour tenter d’empêcher leur éviction, comme l’envisagerait, selon certains articles de presse, le ministère des Terres et du Logement. Au ministère, on laisse entendre que, jusqu’ici, il n’y a rien d’officiel, mais qu’une décision devrait être prise.
Chassés en octobre et novembre de l’année dernière — suivant la Notice to Squatter que leur a servi le ministère de Terre et du Logement les sommant de « pull down and remove the C.I. S structure therefrom within forty-eight (48) hours of service of the present notice » — les Beach Traders de Flic en Flac et de Grand-Baie, qui ont repris du travail sur lesdites plages suivant un sursis accordé par le ministère des Terres et du Logement, sont de nouveaux inquiets. Cela résulte de la nouvelle à l’effet que le ministre Abu Kasenally ne compte pas baisser les bras et envisage de leur servir un deuxième ordre d’éviction. Ce que les Beach Traders ne comprennent pas car, suivant une rencontre avec le ministre Kasenally l’année dernière, il avait été convenu qu’ils continueraient d’opérer jusqu’à ce qu’une solution à ce problème soit trouvée. D’où le sursis accordé par le ministère des Terres, qui souhaite mettre de l’ordre sur les plages.
Le ministre Kasenally, irrité face aux projets de la BA, dont les permis alloués aux Beach Traders pour l’installation à tout-va de structures quasi permanentes sur les plages publiques, avait, rappelons-le, soutenu que « la grande lessive a commencé. Partout nou pou mett l’ordre. »
« Beach Authority finn donn nou permission »
Les Beach Traders se demandent ce qu’il adviendra d’eux. « Nou éna dette, nou éna zenfan, nou bizin travay pou nou gagn nou lavi. Zordi pé traite nou de squatters », disent-ils. Et de faire ressortir que lorsqu’ils se sont installés, ce sont les inspecteurs de la BA eux-mêmes qui sont venus leur indiquer sur quelle partie de la plage et à quel emplacement mettre leur structure. Des structures dont les plans ont été approuvés par la BA, rappellent-ils. « Kouma kapav dir nou dan l’illégalité alor ki BA finn donn nou permission ? » s’interrogent-ils, soulignant par la même occasion que pas plus tard qu’en décembre dernier, la BA a renouvelé leur permis sans leur dire qu’ils devraient vider les lieux. « Kouma deux mois après zot pé décidé nou bizin allé ? Kot nou pou allé ? » demandent les Beach Traders. Criant à l’injustice et ne comprenant pas comment « enn koté nou gagn permission travay, lot koté pé pouss nou », ces marchands s’interrogent sur « les intentions réelles » du ministre Abu Kasenally.
Au ministère des Terres et du Logement, on s’étonne de la nouvelle qu’une deuxième lettre d’éviction devrait être servie aux Beach Traders de Flic en Flac et de Grand-Baie. À ce stade, « il n’y a rien d’officiel », indique un préposé. Ce qui est sûr, c’est qu’ils devront enlever leur structure sur blocs, dit-il, ajoutant qu’une décision à cet effet devrait être prise prochainement. Ce qui ne rassure pas les marchands de plage qui s’organisent déjà pour une contre-offensive. Entre autres options, ils considèrent de s’en remettre une nouvelle fois à la justice pour tenter d’empêcher leur éviction. Ils souhaitent cependant, et avant tout, une nouvelle discussion avec le ministre Abu Kasenally.