Huit jours après sa démission de la présidence de la République, sir Anerood Jugnauth n’est pas allé de main morte dans ses premières attaques contre le gouvernement de Navin Ramgoolam. C’était vendredi soir à l’hôtel Manisa, à Flic-en-Flac, à l’occasion de la célébration de son 82e anniversaire par un groupe socioculturel mené par Bissoon Mungroo. Le leader de l’opposition, Paul Bérenger, a été amené à célébrer son 67e anniversaire à cette même occasion.
En attendant de monter sur une plateforme politique pour son come-back, sir Anerood Jugnauth a donné un aperçu de ce qui seront ses cibles privilégiées. D’abord, tout en se défendant de vouloir faire de la politique pour défendre son fils Pravind Jugnauth dans le scandale MedPoint, il a lancé une sévère mise en garde à l’Independent Commission Against Corruption.
« Mo mett au défi l’ICAC prouve enn case contre Pravind. Péna okenn case. C’est de la pure méchanceté », a fait ressortir sir Anerood, qui a ajouté que « Pravind asse grand pou défann par limem. » Dans le même souffle, il a donné une indication sur le premier scandale susceptible d’impliquer des membres du gouvernement qu’il pourra évoquer. « Biento, mo pou koz lor sa zafer Roches-Noires là », devait-il laisser échapper en faisant allusion aux circonstances de ce cambriolage commis l’année dernière dans le bungalow appartenant à Navin Ramgoolam et situé à Roches-Noires.
Sir Anerood Jugnauth a saisi cette première occasion publique pour lancer un appel aux membres du gouvernement pour qu’ils ne soient pas des complices du Premier ministre dans la banqueroute du pays. Il a estimé que si le gouvernement restait le même jusqu’en 2015, le pays irait « vers la ruine », faisant des ministres actuels les « complices du désastre ». « Les jeunes ne pardonneront pas aux responsables de la détérioration de la situation économique », ajoute-t-il.
L’ancien président de la République devait également s’appesantir sur sa carrière politique en commentant ses efforts pour convaincre Sookdeo Bissoondoyal de l’IFB pour accepter l’indépendance sans condition ou encore ses efforts pour le développement économique de Maurice à partir de 1982. « SSR a beaucoup fait pour le pays, mais il avait mené le pays à la ruine. Imaginez un instant ce qu’aurait été le pays si Navin Ramgoolam avait le pouvoir à cette époque », a-t-il rajouté.
Remake ou pas remake, a pour sa part estimé Paul Bérenger, il s’est félicité de l’instant de ces retrouvailles. Il se dit « très heureux » de s’être « réconcilié » avec sir Anerood Jugnauth. « Ce n’est pas seulement le pouvoir qui compte, mais aussi les sentiments et l’amitié », a-t-il lancé. Il en a aussi profité pour revenir sur la carrière de sir Anerood Jugnauth tout en rappelant qu’il célébrera l’année prochaine le 50e anniversaire de son engagement politique.