La liste rouge des plantes endémiques sera réactualisée au cours d’un « assessment workshop » du 20 au 24 octobre. Cette initiative revient à la Mascarene Islands Plant Specialist Group (MIPSG), en collaboration avec la Mauritian Wildlife Foundation (MWF) et le Missouri Botanical Garden. Maurice compte quelque 661 espèces enregistrées dont 315 endémiques. Le premier exercice d’évaluation remonte à la fin des années 80. Une tentative de réactualisation en 2005-2006 n’a pas abouti. Deux experts du Missouri Botanical Garden sont actuellement à Maurice pour former les assesseurs selon les normes de l’International Union for the Conservation of Nature (IUCN).
Le « red-listing » des plantes endémiques est une des priorités du Mascarene Islands Plant Specialist Group (MIPSG) selon le plan 2013-2016. Cet exercice permet de relever si certaines plantes sont en danger de disparition. De même, cela permet d’enregistrer de nouvelles espèces. Lors d’un exercice réalisé en 1997, 750 plantes endémiques de Maurice et de Rodrigues ont été recensées. Une récente évaluation réalisée en 2005-2006 a permis de toucher seulement 52 % des plantes. « Cette fois-ci nous avons bien l’intention d’aller jusqu’au bout. Pour cela, il nous faut la collaboration de tous ceux concernés », dit Vikash Tataya, Conservation Director de MWF et co-président de la MIPSG.
L’une des grandes difficultés de cet exercice, souligne-t-il, est la taxonomie, qui consiste à décrire et nommer les espèces identifiées. « Il arrive parfois qu’on ne soit pas trop sûr de l’identité d’une plante. Ou alors, les différents chercheurs peuvent avoir des avis différents. » D’autre fois encore, on ne sait pas si une espèce identifiée il y a 20 ans existe toujours. « Dans un tel exercice, il peut y avoir beaucoup d’incertitudes. D’où l’importance d’avoir des données fiables et une bonne entente entre toutes les institutions concernées. »
La venue de George Schatz et James Miller permettra justement aux botanistes mauriciens d’être mieux préparé pour cet exercice. Ils animent actuellement une formation regroupant les membres du MIPSG venant de Maurice, de Rodrigues et de La Réunion. Les botanistes privés, les professionnels du National Parks and Conservation Services ainsi que ceux du Forestry Service sont aussi concernés.
Il faut savoir que l’île soeur a déjà complété le « red-listing » de ses plantes endémiques. Il est suggéré que Rodrigues fasse une nouvelle évaluation séparée, l’année prochaine, après celle de Strahm datant de 1989. Des « field botanists » rodriguais participent également à la formation et à l’« assessment workshop. » Selon Vikash Tataya, l’atelier d’évaluation qui se tiendra du 20 au 24 octobre ne constitue que le début de cet exercice. « Il nous faudra quelques mois pour compléter cet exercice. Nous allons nous servir de la liste déjà existante comme point de départ. Cela nous permettra de constater l’évolution des plantes redécouvertes, s’il y a des populations qui ont disparu, quel est le rythme d’extinction, entre autres. »
Le red-listing des plantes endémiques, ajoute Vikash Tataya, est à la fois un outil scientifique et pour lever des fonds pour la conservation.