Le Fonds monétaire international (FMI) prévoit un taux de croissance de 3,2% pour Maurice en 2015, taux qui devrait grimper à 3,8% l’année prochaine. Ces estimations sont contenues dans le dernier rapport sur les Perspectives Économiques Mondiales rendu public hier, rapport dans lequel le FMI a a abaissé ses prévisions de croissance économique mondiale pour 2015 et 2016 à 3,1% et 3,6% respectivement. Pour l’Afrique subsaharienne également, le taux de croissance pour cette année a été corrigé à 3,8% par rapport à une estimation de 4,5% faite en avril dernier.   
Selon le FMI, le Produit intérieur brut (PIB) de Maurice en prix constants pourrait s’élever à Rs 302,6 milliards en 2015 et passerait à Rs 314 milliards l’année prochaine. Le Fonds s’attend à ce que pour les années subséquentes, la croissance de l’économie mauricienne soit de l’ordre de 3,6%. Pour ce qui est des investissements (en pourcentage du PIB), le taux passerait de 22,9% en 2014 à 25,4% en 2015 et 26,3% en 2016. S’agissant de l’inflation, le niveau devrait rester bas pendant un certain temps, le FMI projetant un taux de 2% en 2015 et de 3% en 2016 et en 2017.
Evoquant les perspectives pour l’Afrique subsaharienne, le FMI fait ressortir que la croissance devrait ralentir cette année à 3,8%, contre 5% en 2014, soit une révision à la baisse de -0,7 point par rapport à l’estimation annoncée en avril 2015. Le ralentissement observé en 2015, souligne le FMI, s’explique principalement par les répercussions de la baisse des prix des produits de base, en particulier du pétrole, ainsi que par le recul de la demande de la Chine, qui est le principal partenaire commercial de l’Afrique subsaharienne, ainsi que le durcissement des conditions financières mondiales pour les pays pré-émergents de la région.
Parmi les pays exportateurs de pétrole de la région, la croissance au Nigeria devrait s’établir à 4% en 2015, soit environ 2,25 points de moins que l’an dernier, alors qu’en Angola le taux devrait aussi fléchir à 3,5% contre près de 5% en 2014. Dans le cas de l’Afrique du Sud, il est estimé que la croissance serait inférieure à 1,5% cette année et l’année prochaine. En ce qui concerne les pays importateurs de pétrole de la région, dont la croissance moyenne devrait être de 4%, une majorité continuera d’enregistrer une croissance vigoureuse, en particulier les pays à faibles revenus, où l’investissement dans les infrastructures se poursuit et où la consommation privée demeure vigoureuse.
Le FMI s’attend à ce que des pays tels la Côte d’Ivoire, la République Démocratique du Congo, l’Éthiopie, le Mozambique et la Tanzanie enregistrent  une croissance d’environ 7% ou plus en 2015 et 2016. Le rapport du Fonds fait remarquer que la croissance de l’Afrique subsaharienne pourrait s’accélérer à +4,3% en 2016, et ce grâce à la reprise de l’économie mondiale.
Quant à l’économie mondiale justement, les prévisions pour 2015 et 2016 font voir que le PIB devrait progresser de 3,1% et de 3,6% respectivement, ce qui constituerait à chaque fois un repli de 0,2 point  par rapport aux estimations de juillet 2015. Malgré la relative bonne santé des pays riches, États-Unis en tête, l’économie mondiale s’apprête ainsi à marquer le pas par rapport à 2014 (+3,4%) et serait même en passe de réaliser cette année sa plus mauvaise performance depuis la récession planétaire de 2009.
Les risques de dégradation des perspectives se sont accrus, particulièrement pour les marchés émergents et les économies en développement, affirme le FMI. Ce regain d’inquiétude concerne tout particulièrement la Chine, dont le ralentissement économique affecte plusieurs pays.