Le Fonds monétaire international (FMI) a, dans l’édition d’avril de son rapport consacré aux perspectives de l’économie mondiale, maintenu un taux de croissance de 3,8% pour l’économie mauricienne en 2016. Ce taux avait été estimé et annoncé une première fois dans le rapport portant sur  l’Article IV Consultations avec les autorités mauriciennes.
La base de données utilisée par le FMI pour la préparation de la dernière édition du World Economic Outlook indique que, selon le fonds, le taux de croissance économique de Maurice restera sous la barre de 4% pour la période 2016-2018, le taux anticipé pour 2017 et 2018 étant de 3,9%. La croissance pourrait passer à 4% en 2019 et 2020. Le fonds s’attend à une remontée du taux d’investissement à Maurice au cours des prochaines années. Mesuré en pourcentage du Produit intérieur brut (PIB), le taux d’investissement passerait de 25,5% en 2015 à 26,1% en 2016, 36,7% en 2017 et 27,3% en 2018.
Le FMI prévoit une légère hausse du taux d’inflation pour 2016 (1,5%) comparativement à 2015 (1,3%). L’inflation grimperait à 2,1% en 2017 et à 2,3% en 2018. Pour ce qui est du taux chômage (nombre de sans-emploi en pourcentage de la main-d’oeuvre totale), les prévisions du FMI tendent à montrer qu’une baisse est à venir. Pour 2016, un taux de 7,4% est annoncé, contre 7,6% en 2015, alors que pour les deux années subséquentes un fléchissement est indiqué : 7% en 2017 et 6,7% en 2018. Par ailleurs, s’agissant de la dette du gouvernement central, le FMI table sur un taux de 58,3% cette année, 57,6% en 2017 et 57,3% en 2018.  
Le FMI a revu à la baisse ses prévisions de croissance pour l’Afrique subsaharienne, pariant sur un taux de 3% en 2016 contre une estimation de 4% indiquée en janvier dernier. Pour l’institution financière, ce ralentissement s’explique « principalement par des conditions extérieures défavorables : les pays riches en ressources naturelles souffrent de la baisse des prix des produits de base tandis que les pays pré-émergents de la région subissent le durcissement des conditions de financement à l’échelle mondiale ». L’institution de Bretton Woods entrevoit cependant de meilleures perspectives à partir de 2017, avec une hausse à 4% de la production en Afrique subsaharienne, contre 3,3% pour l’Afrique du Nord et le Moyen Orient.
Par ailleurs, du côté de la Banque mondiale, on ne prévoit de rebond de la croissance en Afrique subsaharienne avant 2017-2018. Pour cette année, la Banque mondiale mise sur un taux de 3,3%, qui est quand même en légère hausse comparativement à celui de 2015 (3%). « Le plongeon des matières premières, et notamment du pétrole (…), et une faible croissance mondiale, spécialement dans les marchés émergents, expliquent cette performance morose », souligne la Banque mondiale. Celle-ci observe que les tensions politiques dans les pays d’Afrique centrale qui tardent à accepter l’alternance, ainsi que les menaces terroristes contribuent également à affaiblir les économies africaines. La banque reste optimiste pour 2017-2018, indiquant un taux de croissance de 4,5% pour le continent.