Le lieu où devaient logés une centaine de marchands à coté du temple, à droite

Le Tamil Council annule sa manifestation

La contestation des habitants de la communauté tamoule de Port-Louis de l’aménagement d’une foire à côté de leur temple a fait reculer la mairie. Grâce à l’appui du Tamil Council, les dévots ont obtenu, au cours de la semaine écoulée, des garanties de la mairie de Port-Louis que les ouvrages de construction s’arrêtent sur-le-champ.

C’est au milieu du mois de mars que seront donnés les premiers coups de pioche des travaux du Victoria Urban Terminal, qui transformera l’actuelle gare du sud. À quelques semaines de la date butoir, le transfert d’une centaine de marchands du Victoria Square à la Place de l’Immigration constitue un casse-tête pour la municipalité. Jusqu’alors, la construction des stands, à ossature métallique, à la place des aires de stationnement à côté du kovil, avait atteint un stade avancé. Mais la présence d’une foire, à quelques encablures du lieu de culte, causerait « public disturbance, annoyance and obstruction », selon les dévots. « Ce temple est un patrimoine, car il date de plus de 200 ans. La construction d’une foire à côté est un signe de non-respect », nous avait confié Devarajen Kanaksabee, un des porte-parole des protestataires.

Ces derniers ajoutent que le parking est souvent utilisé lors des fêtes religieuses organisées par le kovil. Les habitants, par le biais de leur avocat, Me Neeven Parsuramen, ont logé en cour une injonction contre l’État et la mairie de Port-Louis, et avec la collaboration du Tamil Council, avaient prévu de manifester sur place vendredi dernier. Ainsi, une réunion spéciale, à laquelle était convié le président de la Street Vendors Association (SVA), Hyder Raman, a eu lieu 48heures plus tôt, à la mairie, pour décider de la marche à suivre. « Le lord-maire, Daniel Laurent, a pris une décision courageuse », souligne Hyder Raman. En effet, à l’issue de cette rencontre, le maire a annoncé l’arrêt des travaux sur le site. En contrepartie, un nouvel emplacement pour reloger les marchands a été trouvé quelques mètres plus loin, derrière l’ancien poste de police de Trou-Fanfaron.

« C’est compliqué pour tout le monde, mais je comprends parfaitement la réaction de nos amis de la communauté tamoule qui ont le droit légitime de faire respecter ce lieu sacré », fait ressortir le président de la SVA. Après avoir pris connaissance de la décision de la mairie, les habitants ainsi que le Tamil Council ont pris la décision d’annuler leur manifestation. Joint au téléphone, un autre porte-parole, Dharen Rengassamy, tout en se réjouissant que le bon sens a primé dans cette affaire, souhaite que « les marchands ambulants, qui sont de braves et honnêtes travailleurs, puissent se sentir à l’aise dans leur nouvel emplacement. » Il n’en reste pas moins que l’affaire a été appelée en cour jeudi, mais a finalement été renvoyée à lundi, selon Dharen Rengassamy.