Des forces vives et habitants de Goodlands dénoncent le sort réservé à certaines facilités infrastructurelles, existantes dans ce village, susceptible de devenir une ville. Outre leur opposition au transfert de la foire sur un site à Belmont, ils protestent contre la fermeture de la succursale de la DBM, le transfert du bureau de Poste au centre du village et à l’inexistence de taxi stand. La dégradation sociale dans la région, aggravée entre autres par une prolifération de maisons de jeux et les actes de violence, est aussi pointée du doigt. « Le canard boiteux qu’est le conseil du Nord doit faire l’objet d’une opération d’épuration », déclare au Mauricien le Groupement Démocrates de Goodlands. Une manifestation de rue suivie d’une grève de la faim sont envisagées.
« Nou pa bann baba. Nou pa tet pouce nou », soutient Sheila Jagdambi-Mohunparsad, une des porte-parole du Groupement Démocrate de Goodlands (GDG). « Kit fois nou bann conseiller vilaz ek district le Nord ek osi bann otorité concerne pe planifie pou ouvert enn la morgue ou enn lasal psychiatrik isi dan Goodlands ? Ziska kan nou pou capav subir enn tretma parey ! » se demande-t-elle. Mme Jagdambi-Mohunparsad lance un appel au Premier ministre Navin Ramgoolam pour reconsidérer les décisions prises par des instances décisionnelles au détriment de la population locale.
Concernant le projet de transfert de la foire de Goodlands, des marchands qualifient d’« inadmissible un tel projet ». Cette foire comprend entre 400 et 450 étals et fonctionne quatre fois par semaine, soit samedi et mercredi pour la vente de légumes et mardi et vendredi pour la vente de vêtements et d’autres non foodstuffs. « Cette foire existe depuis 35 ans. La location mensuelle par échoppe est de Rs 400 et le permis coûte Rs 2 000 par an. Nous avons aménagé cet espace à notre façon en le consolidant par des structures en métal et de la tôle. Le projet de transfert à Belmont est inconcevable. Outre la proximité du cimetière Belmont, c’est une région retirée », explique la porte-parole de GDG.
Des marchands de la foire de Goodlands et des travailleurs sociaux – Yussuf Khodabaccus, Premila Choomicksing, Pradeep Sujeeaon, Aktar Janhangeer, Sudesh Kumar Bonomally – soutiennent : « La foire a été aménagée dans la perspective du développement de l’industrie du textile dans la région, vu la mise en place de certains services tels que le bâtiment de la MEDIA, des blocs administratifs comme la Sécurité sociale, la Poste, le Village Hall… Et maintenant on veut petit à petit, avec l’appui de certains élus locaux, nous amputer de ces services ! » Ils s’interrogent aussi sur plusieurs points : « Ki sanela ki pe pran decisyon : gouvernma ou district du Nord ? O profit de ki zot pe rod transfer la foire ? Nou finn pran loan, nou finn fer dette. Na pa capav enn sel kout zot somey kasse, zot rod avoye nou loin laba. Habitant pa kontan kan zot tann dir cimetière. Na pa zoue ar lavenir nou bann zenfan kumsa ! »
Habitants et forces vives font aussi remarquer que, dans le cadre du projet de Morcellement New Goodlands à proximité de la gare routière, l’établissement sucrier de St-Antoine aurait cédé à l’État un terrain d’une superficie de 2,7 arpents à l’arrière du Farmers’Service Centre. « Pourquoi ne pas aménager un nouveau marché moderne sur ce site ? » se demande le GDG. Le projet de transfert de la foire, avancent-ils, s’inscrirait dans une stratégie de booster un nouveau complexe commercial à Belmont. « Zot servi pretexte ki pou fer renovation dan complexe NPF Goodlands pou transfert la poste, ferme branche DBM… pou ki zot reussi transfer bazar. Se enn scandal ! » avance Sudesh Kumar Bonomally.
Sheila Jagdambi-Mohunparsad s’insurge pour sa part que « lorsque les décideurs ont eu vent d’un éventuel mouvement de contestation par rapport au projet de transfert de la foire à Belmont, ils ont trouvé le moyen de transférer en premier lieu le bureau de poste, fréquenté par des milliers d’habitants de Goodlands et ceux des régions avoisinantes, en particulier par des personnes âgées ». Le comble, indique la porte-parole, c’est l’absence de passage clouté près du site choisi pour abriter le nouveau bureau de poste. Et à Yussuf Khodabaccus de déplorer « la file d’attente de personnes âgées qui arrive jusqu’à la route principale… » Des maraîchers se plaignent eux d’une baisse de vente depuis le transfert du bureau de poste au coeur du village de Goodlands.
Des habitants et forces vives qualifient la fermeture de la branche de la DBM de « révoltante ». Sheila Jagdambi-Mohunparsad lance un appel au gouvernement pour instituer une commission d’enquête sur le conseil des districts de Pamplemousses/Rivière-du-Rempart par rapport à l’utilisation des fonds provenant de la location des étals et la Trade Licence. « Le canard boiteux qu’est le conseil du Nord doit faire l’objet d’une opération d’épuration. Il faut y rétablir l’ordre, la discipline. Pas de pitié pour les canards boiteux. »
Le GDG s’insurge contre l’inexistence d’un taxi stand à Goodlands. Il exhorte à la NTA de sévir et de « faire son travail convenablement ». « Taxis marron pe sort en dehor pe vinn fer ravaz isi dan Goodlands. Zot fer concurrence deloyal ar bann taxi isi. Ena fonctionnaires… ki fer taxi marron ek van marron. »
L’état actuel du centre de santé est aussi déploré. « Goodlands est malade. Nous ne bénéficions pas de soins adéquats. Le dispensaire ressemble à un poulailler. Ce lieu, qui accueille entre 300 et 400, est exigu… sans compter ceux qui s’y rendent pour des tests sanguins, pansements, examens médicaux prénatals et postnatals… De plus, lorsqu’il pleut des patients sont trempés », déplore Mme Jagdambi-Mohunparsad.
Compte tenu des multiples problèmes auxquels est confronté Goodlands, le GDG dit envisager une manifestation et une grève de la faim. « Si bizin mars lor nou cadav zot ava marse. Nou pa pou bouze pou al Belmont », menacent des maraîchers et marchands de la foire de Goodlands.