Satisfaction au niveau du Front Commun des Commerçants (FCCM) après l’annonce imminente de l’entrée en vigueur d’une nouvelle série de réglementations pour l’organisation des foires avec une d’entre elles ayant pour objectif d’interdire celles où sont vendus les mêmes produits que ceux déjà commercialisés à Maurice.
Raj Appadu, président du FCCM, affirme que c’est son association qui a été le principal instigateur de la nouvelle réglementation à venir concernant l’interdiction de foires où sont vendus des produits textiles, bijoux fantaisie, des produits alimentaires, artisanaux, ou encore pharmaceutiques, qui se trouvent déjà sur le marché local. Le ministre du Commerce, Ashit Gungah, avait annoncé lors d’une récente conférence de presse que ce but de cette réglementation était de protéger les intérêts des commerçants et des consommateurs. Des amendements seront en effet apportés aux Consumer Protection (Events) Regulations afin d’interdire ce type de foires. S’agissant de la protection des consommateurs, le ministre avait fait comprendre que de telles foires n’offraient pas de service après-vente ou de garantie aux consommateurs.
Selon les nouvelles réglementations, toute application pour la tenue d’une foire devra se faire deux mois avant la tenue de l’événement, au cas contraire, aucun permis ne sera accordé à l’organisateur. Le ministère va également revoir le système d’exemption de frais pour les exposants se faisant passer pour des Petites et Moyennes Entreprises (PME) et désormais, celles-ci et les sociétés coopératives devront s’acquitter des frais. Des officiers de la Mauritius Revenue Authority procéderont à des relevés des chiffres de vente des exposants au début et à la fin des foires, cela afin d’éviter des cas d’évasion fiscale. Les foires dites d’intérêt national, telles que le salon Infotech, pourront désormais se tenir à n’importe quel moment de l’année et seront exemptées de frais. Les organisateurs des foires devront également se plier à d’autres règlements, comme afficher la lettre de l’autorisation du ministère à un endroit bien visible. Les noms des stands doivent également être bien affichés et chaque participant doit avoir sur lui un badge avec le numéro de son étal inscrit. Le responsable du stand doit être en permanence présent durant la durée de la foire. Un stand doit être alloué aux officiers du ministère du Commerce et de la Mauritius Revenue Authority. Les publicités concernant des foires mettant en avant les noms de fêtes religieuses seront également interdites.
Le FCCM et d’autres associations de commerçants s’étaient fortement opposés à la tenue des foires dites « internationales », qui sont préjudiciables au commerce local. Pour Raj Appadu, ces foires dites internationales constituent davantage des « arnaques » dans la mesure où les consommateurs pensent qu’il s’agit de produits de bonne qualité importés alors qu’il s’agirait de produits issus du « dumping ». Il accueille toutefois les salons où sont exposés de nouveaux produits et qui permettent aux visiteurs de passer des commandes.
Outre les foires internationales, il faudrait régler le phénomène des foires locales, soutient Raj Appadu. Si le FCCM accueille favorablement l’annonce de l’interdiction de la foire de la Rue Magon à Plaine-Verte, il existe selon son président d’autres foires régionales où certains organisateurs n’hésiteraient pas à intervenir auprès de politiciens afin que celles-ci puissent opérer. Raj Appadu ajoute que la police doit faire travail correctement et que le ministère du Commerce doit demeurer vigilant.
Si le président du FCCM parle d’une bataille de gagnée, le combat doit continuer sur la question des marchands de rue. « Il faut interdire coûte que coûte les marchands illégaux dans un rayon de 500 mètres des marchés de toutes les villes et villages », insiste Raj Appadu. Il évoque le cas du marché de Mahébourg où les maraîchers ont protesté durant la semaine écoulée contre la présence de marchands illégaux dans les parages du marché.