Il se passe toujours quelque chose au Champ de Mars. C’est le cas de le dire car l’absence en piste de Saziwayo, cheval de l’écurie Shirish Narang, alors que les autres engagés de l’épreuve se dirigeaient vers le départ, ne passa pas inaperçu. Les commentateurs du Mauritius Turf Club se laissèrent même aller à dire que le cheval était sans doute sur la piste et avait échappé à leur attention. Or, la vérité fut tout autre, l’arrivée de Saziwayo fut tout simplement retardée… en raison de la présence au beau milieu de la route d’une voiture sans chauffeur à la rue Shakespeare, obstruant le passage du cheval vers le paddock
Il fallut toute la dextérité des palefreniers de l’écurie Shirish Narang pour que Saziwayo puisse rejoindre le rond des présentations alors que les autres partants de la course s’étaient déjà dirigés vers le départ. Les rétroviseurs des voitures furent rabbatus et  ce fut au galop que Saziwayo put surmonter cet obstacle pour être présent au départ.  La question qui se pose est qui était le propriétaire de la voiture. Les langues ne furent pas longues à se délier et il advint qu’elle était la propriété de l’un des administrateurs du MTC, Jeenarain Soobagrah.
«Guetté ki zot pu fer»
Ce dernier, interrogé par week-end, ne réfute pas les faits. «  Oui, c’était bien ma voiture. En arrivant au Champ de Mars, la place qui m’était réservée avait été prise par une autre voiture. Un des préposés au parking me déclara que le vétérinaire Alexander Espitalier Noël avait pris possession de la place qui m’était réservée tout en ajoutant Guetté ki zot pu fer ».  Jeenarain  Soobagrah  ajoute qu’il en fit de même et laissa alors sa voiture au mileu de la rue Shakespeare avant de déposer la clef auprès du General Manager, Benoît Halbwachs.  Mais le bouillant administrateur ne se doutait pas, à ce moment là, que cet incident d’orgueilleux allait contribuer au retard du départ de la deuxième course qui fut retardée par un excès de zèle.
Jeenarain Soobagrah s’en défend.  « Ce n’est pas normal. Il est du ressort de celui qui s’occupe du day to day running du club d’éviter ce genre de désagrément. Il existe un gros problème au niveau de l’administration du club. Mon intérêt c’est de mettre de l’ordre dedans mais je ne possède pas les outils nécessaires. » soutient-il.
Week-end est aussi allé écouter la version du Dr Noël.Le vétérinaire concède avoir garé sa voiture dans un parking qui ne lui était pas réservé, mais affirme que des circonstances atténuantes plaident en sa faveur.
« Oui, j’ai garé ma voiture dans un espace qui ne m’était pas réservée. Au fait, il y avait des chevaux devant moi et comme j’avais à m’occuper d’un cheval de l’écurie Rameshwar Gujadhur, Chequer, qui avait été affecté par une collique, je me suis garé devant l’écurie Allet. » Alexander Espitalier-Noël réfute cependant les arguments qui lui sont reprochés à l’effet d’avoir déclaré qu’il n’avait qu’en faire de la place réservée à un administrateur.  « Il n’y avait aucun préposé au parking qui m’a approché. Je me suis garé à cet endroit précis parce que je ne pouvais en faire autrement. La vie d’un cheval en dépendait. » a-t-il ajouté.
Il est égalemnt reproché  à l’administrateur Jeenarain Soobagrah— qui s’était déjà fait remarquer lors de la dernière assemblée élective du MTC, d’avoir verbalement et sur une base communautaire agressé l’avocat et membre du MTC, Yahia Nazroo—  de s’être mal comporté envers un gardien, employé du MTC, et ce, pas plus tard que la semaine dernière. On avance qu’il s’était adressé à ce dernier en des termes qui ne font pas honneur au poste qu’il occupe au sein de la hiérarchie du club pour avoir permis à un véhicule non-autorisé à entrer dans l’enceinte du MTC après la 37e journée. Une fois encore le principal concerné s’en défend. Il avance s’être enquis de la présence d’une personne louche près d’une loge bien précise alors qu’une effraction avait été notée dans celle de l’écurie Foo Kune.
« La personne concernée me répondit sur un ton. Ou pas conné ki moi ? Mo pé vinn rode staff. Je ne l’ai à aucun moment pris à partie ou malmené ». Or, les recoupements d’informations que Week-End a recueilli affirment le contraire.
S’il fallait une preuve que tout fout le camp au Champ de Mars et que les respect pour les dirigeants du MTC est au plus bas, cette affaire de parking en est l’illustration même. En tout état de cause, un administrateur s’est retrouvé responsable du retard  d’une épreuve pour un problème de parking. Si les étrangers qui voient et parient sur nos courses entendaient cela, ils riraient un bon coup mais si le ridicule ne tue pas, il est absolument inadmissible qu’une telle affaire soit encore possible au Champ de Mars. Quant à Jeenarain Soobagrah quelqu’en soient les circonstances de l’affaire son comportement est tout à fait inacceptable et il gagnerait à tout le moins de présenter ses excuses au public et faire preuve de plus de retenue s’il tient à conserver son poste d’administrateur.
Au final, ce sera au Mauritius Turf Club de situer les responsabilités dans cette affaire.