En japonais, le mot signifie crétin ou idiot. Dans la culture agaléenne et chagossienne, il a une signification bien plus juteuse et chaleureuse. C’est la boisson traditionnelle des deux archipels de l’océan Indien. De sa fermentation dans la bouée de pêche (récipient d’origine de la fabrication d’antan) à sa dégustation, le baka passe par un processus élaboré, qui lui donne une saveur tantôt pétillante tantôt acide. Toute une histoire est liée à cette boisson alcoolisée décrétée illégale, qui peut être sirotée avec divers plats, mais qui s’apprécie mieux lorsqu’elle accompagne une recette traditionnelle.
Une explosion de chaleur qui vous envahit subitement la bouche et qui s’atténue graduellement lorsque le liquide parvient à la gorge… L’intensité et la richesse de cette boisson alcoolisée résident dans sa saveur à la fois piquante et douce. Dépendant de l’ingrédient de base, elle peut également être acide, précise Gino Alfred, président de l’Agalega Island Council et board member de l’Outer Island Development Board (OIDB). Le baka se déguste de préférence well chilled, à petites gorgées et dans de petits verres. À une température modérée, souligne Gaspard (prénom fictif), d’origine chagossienne, il peut se révéler désagréable dans la bouche, si le goût ne vous est pas familier. Il faut absolument éviter d’agrémenter la boisson d’origine de fioritures, au risque de gâcher sa saveur naturellement riche.
En sirotant le baka made in Agaléga et même celui des Chagos, on goûte non seulement au plaisir du palais mais également à celui de l’odorat, à travers un éclat d’arômes particulièrement suaves. “Cette sensation que l’on savoure nous fait revivre le passé”, confie Gino Alfred, qui trouve regrettable que cette boisson est illégale.