À peine le démarrage des travaux de l’Anomalies Committee, présidé par Dev Manraj, Special Adviser au Prime Minister’s Office au sujet des recommandations du Pay Research Bureau (PRB), qu’il est question de revoir le délai pour la soumission du rapport, initialement fixée au vendredi 29 mars prochain. L’éventualité d’une extension de cette échéance au-delà de la fin de mars est évoquée avec persistance dans des milieux des syndicats de la fonction publique et des milieux proches du comité sur les anomalies et les omissions sur le PRB. Entre-temps, Dev Manraj et ses deux assesseurs, Dev Ruhee et Khemil Gobin, sont rentrés au cours de la semaine écoulée de Rodrigues où ils ont eu l’occasion de faire un tour d’horizon avec le management de l’administration régionale et les syndicats concernés.
À ce stade, tous les fédérations syndicales, les syndicats et autres fonctionnaires, qui ont déjà soumis à la fin de l’année dernière des mémoires à l’Anomalies Committee de Dev Manraj, ont été informés officiellement qu’ils devront soumettre de nouveau des résumés de leurs observations en vue de faciliter la tâche du comité. Le délai pour cette nouvelle exigence expire vendredi prochain.
De par ce nouveau calendrier et vu que les auditions des syndicalistes de la fonction publique n’ont pas encore été entamées, la possibilité d’une extension de la date butoir pour la soumission du rapport Manraj en vue de corriger les anomalies aussi bien que les Errors and Omissions du rapport du PRB se précise. Du côté des syndicats, cette éventualité est sujette à examen, même si la mise en application des conclusions de l’Anomalies Committee se fera avec effets rétroactifs.
Entre-temps, une équipe de cinq techniciens du PRB ont été affectés auprès du secrétariat de l’Anomalies Committee pour assurer le suivi du travail en cours et pour constituer la base de données pour le comité. Ils ont travaillé d’arrache-pied le week-end dernier et comptent répéter la performance ce week-end en attendant les résumés réclamés d’ici à vendredi prochain.
En préambule aux séances d’audition à Maurice, les membres de l’Anomalies Committee se sont rendus le week-end dernier à Rodrigues, et jusqu’à mardi dernier, ils ont eu des séances de travail avec le management et les syndicats de la fonction publique, qui ont travaillé sur une « Common Submission ». Le principal objectif à Rodrigues recherché par l’administration et les syndicats est de mettre en place les structures pour la réussite de l’autonomie de Rodrigues et « nullement une question de gains financiers », soutiennent entre autres les dirigeants de la Rodrigues Government Employees Association (RGEA) et de la Rodrigues Public Workers Union.
« Je prèfère voir évoluer la situation par rapport au travail du comité Manraj avant de me prononcer sur la pertinence d’un report de la date pour la soumission du rapport. We’ll cross the bridge when we’ll come to it. Si ce renvoi profite à l’amélioration des conditions de service des fonctionnaires, pourquoi objecter ? Mais nous n’en sommes pas encore là », déclare Rashid Imrith, président de la Fédération des Syndicats du Secteur Public (FSSP), quant à une extension de la période allouée au comité Manraj.
De son côté, le président de la Fédération des Syndicats du Service Civil, Naraindranath Gopee, affirme que « nous comprenons parfaitement que les observations des fédérations syndicales transmises au comité Manraj sont volumineuses et il est quasiment impossible pour un comité composé de huit personnes de décortiquer l’intégralité des dossiers. Donc, notre fédération jouera le jeu et soumettra le document réclamé avant vendredi prochain en vue de permettre au comité de soumettre son rapport dans les meilleurs délais. Dès le départ, nous avons insisté sur le fait que nous allions mettre tout en oeuvre pour aider le comité dans l’élaboration de ce rapport. Donc, nous maintenons notre parole. »
Le président de la FSSC se dit conscient du court délai pour la soumission du rapport. Par conséquent, la FSSC fait une requête au comité pour faire appel, si besoin est, au Premier ministre, Navin Ramgoolam, en vue d’étendre la date limite de la publication du rapport. La FSSC affirme qu’elle soutiendra le comité si ce dernier s’engage dans une telle démarche.
« Nou pou support li ladan. Depuis l’arrivée de Manraj, un sentiment de confiance règne au sein des fédérations syndicales ainsi que chez les fonctionnaires. Nous faisons toutefois un appel pour qu’il garde son indépendance et ne se laisse pas guidé par le ministère des Finances, entre autres », fait comprendre Naraindranath Gopee.
Cette mise en garde du président de la FSSC quant à l’indépendance du comité Manraj est soutenue par Radakrishna Sadien, président de la Government Services Employees Association (GSEA) : « Il ne faut pas que le comité se laisse influencer par les forces extérieures. Fodé pa
laisse institution ek dimoune en deor vine influence li », devait-il ajouter.
Par ailleurs, les membres du personnel du PRB n’obtiendront pas de révision salariale à la fin du mois de janvier comme c’est le cas pour l’ensemble des fonctionnaires. Les nouveaux barèmes de salaires, dont Rs 144 000 par mois pour le directeur, sont fixés par un High Powered Committee, présidé par le chef du service civil et comprend le secrétaire financier, le directeur du PRB et le Senior Chief Executive du ministère de la Fonction publique car le PRB ne peut s’accorder de révision salariale.
Les recommandations du High Powered Committee, qui ne comportent pas d’organisational structure, n’ont pu être intégrées aux salaires de janvier des membres du personnel du PRB. Ils seront payés avec des arriérés en février prochain.