Pour Me Ajay Daby, ancien Speaker et westministérien convaincu, « ce qui arrive avec l’affaire MedPoint fait peur. Boukou fonksioner pe per pou fer zot travay ». Il rappelle qu’il était un farouche opposant à la décision de Maurice d’accéder au statut de République : « Nous avons passé des lois et aujourd’hui le peuple est dans l’obscurité ». « Quand une loi va à l’encontre de la paix que garantit la Constitution à tout citoyen (le fonctionnaire dans le cas présent, NdlR) alors cette loi doit être révoquée. » Me Daby remet en question le modèle hongkongais dont s’est inspiré Maurice pour doter le pays d’une loi contre la corruption car pas appropriée, selon lui, pour notre système de gouvernement.
La stabilité du pays, observe-t-il, est entre autres bâtie sur notre fonction publique, dont « le dévouement et l’honnêteté de la vaste majorité des employés peuvent être entre autres démontrés par le nombre infime de fonctionnaires parmi la population carcérale ». « Vous, fonctionnaires, vous travaillez dur. Ici, comme dans tous les pays démocratiques, vous constituez ce qu’on appelle la classe moyenne, vos enfants font des études supérieures. Et surtout, vous avez acquis une longue culture du fonctionnement d’un système vital dont vous garantissez la stabilité et la pérennité. Sans vous le pays s’écroule. » Et de mettre en garde : « Si le fonctionnaire ne peut plus fonctionner (ndlr : à cause d’une loi), le pays va crash ! You can kill the system by making an abuse of the system. » De même, dit-il, mettant en cause la raison d’être de l’ICAC, « lorsqu’il y a un doute sur la capacité de la force policière à exercer ses pouvoirs, alors on arrive à une situation où l’autorité de la police est défiée comme actuellement en Grande-Bretagne avec les émeutes : un breakdown du law and order ! ». Me Daby plaide pour la création d’un département spécial au sein de la force policière qui serait dédié aux délits de corruption : « Pourquoi la police n’est-elle pas habilitée à enquêter sur la corruption ? Pourquoi lui enlever ce pouvoir pour le mettre entre les mains de nominés politiques au sein d’une institution ? », s’indigne le légiste, qui dénonce fortement « le lien étroit entre la politique et l’ICAC », une institution dont le principe de création même est vicié par la chasse aux sorcières politiques de « politisien ki zoue “mo maiy to voler to maiy mo voler” ! Abe bizin politisien soufer personelman avek l’ICAC pou ki zot kone ki sa laloi la enn laloi contestable et contesté » qui nuit aux fonctionnaires alors « ki politisien zot, zot remaiy ansam apre, zot anbrase ! »