« Il n’est pas question de modifier l’âge de retraite des fonctionnaires », fustige la Fédération des syndicats du secteur public (FSSP), qui tenait une conférence de presse ce matin à Port-Louis. Son président, Rashid Imrith, rappelle que l’âge de retraite est passé de 60 à 65 ans en 2008 suite à une recommandation du Pay Research Bureau (PRB), et ce pour une période de dix ans. « Nous en sommes toujours à implémenter cette modification », dit-il. Il est ainsi d’avis que si modification il y a, celle-ci doit être apportée « après 2018 ».
Selon les spéculations de part et d’autre, dit Rashid Imrith, on évoque trois possibilités sur la question de l’âge de retraite. « D’abord, que celui-ci passera de l’âge de 65 ans à 70 ans. Deuxièmement, de 65 à 62 ans et, troisièmement, que l’âge de retraite restera inchangé. » La FSSP se dit en faveur du statu quo car « c’est suite à une recommandation du PRB que l’âge de la retraite à 65 ans est devenu effectif » en juillet 2008. « Cette décision a été prise pour une période de dix ans, soit jusqu’en 2018. Et nous sommes toujours en train d’implémenter cette mesure. Si nouvelle modification il y a encore, elle doit se faire après 2018 », dit-il. De plus, soutient Rashid Imrith, « avec le changement de 60 à 65 ans, certaines personnes ont été pénalisées au niveau des promotions. Elles ont en effet tardé à être promues. Et si, maintenant, on ramène l’âge de la retraite à 62 ans, ils seront doublement pénalisés. » Il cite par ailleurs l’exemple d’autres personnes ayant contracté des emprunts à l’âge de 58 ans. « Un changement dans l’âge de la retraite aura des répercussions sur ces personnes et le gouvernement aura à payer des dédommagements s’il baisse l’âge de la retraite. »
Autre cas où cela constituerait un désavantage, selon Rashid Imrith : « Pour qu’un employé ait droit à une ‘full pension’, il doit compter 38 ans de service. Or, nombre de jeunes commencent aujourd’hui à 30 ans. Si l’on baisse l’âge de retraite, ils n’auront pas accompli assez de temps de carrière pour la ‘full pension’. » La FSSP regrette qu’il n’y ait pas eu de discussions avec les syndicats à ce sujet. Il rappelle que le PRB concerne 85 000 employés dans la fonction publique, dans les corps para-étatiques, dans les administrations régionales, dans les municipalités et dans les Conseils de District, sans compter 25 000 fonctionnaires à la retraite.
Auparavant, dans un autre volet de sa conférence de presse, la FSSP a fait ressortir que, selon ses informations, « tous les départements des ministères ont déjà déposé leurs documents dans le cadre de la prochaine sortie du rapport PRB ». Le syndicat lance un appel au secrétaire du cabinet et au chef de la fonction publique « pour qu’aucun ministère n’envoie aucun autre document au PRB », qui « finalise en ce moment même la rédaction » de son rapport. « Le PRB respecte ainsi la décision du cabinet des ministres le 9 octobre dernier, selon laquelle le rapport serait publié fin mars 2016 et implémenté avec effet rétroactif à partir du 1er janvier de cette année. Il n’est pas question de retravailler le rapport et de bousculer le calendrier du PRB. »