Des voix s’élèvent dans le milieu syndical concernant la création du Civil Service College pour rehausser l’efficacité dans la Fonction publique. L’un des sujets de discorde est les pouvoirs conférés au ministre de tutelle Sutyadeo Moutia et son implication dans la gestion même de la nouvelle structure. La Fédération des syndicats du secteur public réclame ainsi dans les plus brefs délais des consultations approfondies avec le principal concerné.
Le Draft Bill du Civil Service College indique que les principaux objectifs de cette institution sont d’améliorer l’efficacité du secteur public, de pourvoir une formation pour le perfectionnement des officiers, de doter les fonctionnaires des compétences professionnelles et des outils de gestion appropriés et d’établir des liens avec les institutions locales, régionales et internationales pour promouvoir la coopération et le partage de connaissances.
Alors qu’au ministère de la Fonction publique l’on met visiblement les bouchées doubles en vue de faire adopter le projet de loi pour l’éventuelle mise en place du Civil Service College, les syndicalistes représentant les fonctionnaires haussent le ton. Dans une correspondance au Senior Chief Executive du ministère, la Fédération des syndicats du secteur public (FSSP) avance que « too many powers have been conferred upon the minister of Civil Service and Administrative Reforms». Se référant à l’article 6.2 du Draft Bill, l’instance syndicale indique que le directeur doit être nommé par le conseil et avoir l’approbation du ministre concernant les conditions qu’il juge appropriées.
L’article 5 (1) souligne aussi que « the college shall be administered by a Board which shall consist of a chairperson to be appointed by the minister ». Ces pouvoirs conférés à Sutyadeo Moutia dans l’organigramme du Civil Service College font craindre à la FSSP une éventuelle connotation politique. « Il y a trop de pouvoirs attribués au ministre. Nous craignons que cette institution soit dirigée par un board dont les ficelles sont tirées par Sutyadeo Moutia », explique Rashid Imrith, président de la fédération.
Rodrigues oubliée
La composition du board du management du Civil Service College fait aussi jaser. Le board étant composé d’un représentant du Prime Minister’s Office, des Finances, des Affaires étrangères, de l’Éducation, de l’Éducation tertiaire, de la Fonction publique et de trois cadres avec des « wide experiences » dans la gestion qui seront choisis par Sutyadeo Moutia.
« Dans ce cas de figure toutes les décisions seront prises uniquement par le ministère et le gouvernement puisque le syndicat ne sera pas représenté au board. Il a été proposé de nommer un représentant du syndicat au council qui sera créé alors que c’est au board of management que la présence d’un syndicat se fait ressentir… » explique la FSSP.
La FSSP déplore aussi l’absence de représentant de Rodrigues au board. « Au moins l’Island Chief Executive devrait y être présent. Ceux qui seront nommés ne comprendront pas les réalités et exigences de Rodrigues. Les deux syndicats de la Fonction publique à Rodrigues (La Rodrigues Government Employees Association et le Rodrigues Public Sector Workers Union) ont l’impression que certaines décisions leur seront imposées », fait ressortir Rashid Imrith.
La FSSP souligne par ailleurs que les « proposed schemes of service for the posts of Director, Trainer and Co-ordinator, that have been submitted to the federation are not consistent with the provisions of the Civil Service College – Draft Bill ».
Prenant toutes ces « anomalies » en compte, le président de la FSSP estime que le gouvernement « pe galouper avek sa Civil Service College ». D’éventuelles consultations avec le syndicat de la Fonction publique, ajoute Rashid Imrith, sont primordiales afin de mener à bien ce projet.