Il existe d’« étranges coïncidences » entre la révision des critères de recrutement dans la fonction publique et la politique d’admission des élèves « dans une université basée à Ébène et liée avec une haute personnalité de l’éducation supérieure ». C’est l’avis de Steve Obeegadoo, président de la Commission de l’éducation du MMM. Selon lui, avec une telle politique, on est en train d’hypothéquer l’avenir des jeunes. De même les Mauves réclament le gel des nouveaux critères de recrutement dans le service public.
Steve Obeegadoo fait ressortir que depuis la fin de l’année dernière, il y a eu un « grand battage publicitaire » de la part de cette université pour une foundation course qui permettrait aux jeunes avec seulement un A Level – donc ne possédant pas de HSC – d’entreprendre des études supérieures. Quelques semaines plus tôt, une circulaire en date du 22 novembre, émanant du ministère de la Fonction publique annonçait la « Review of qualifications’ requirements » pour entrer dans le service public. Désormais, seul le « highest qualification » sera pris en considération. Ce qui veut dire que si un candidat possède un Degree ou un Diploma, ses résultats de Higher School Certificate (HSC) ne seront pas pris en considération.
Tout en dénonçant cette décision du ministère de la Fonction publique « prise en catimini », Steve Obeegadoo tient à mettre en garde parents et étudiants contre les « pseudo-universités » qui se sont implantées à Maurice depuis peu. Il se demande si un étudiant avec seulement un A Level pourra s’adapter au niveau des études supérieures s’il n’a pu obtenir son HSC. « Soit ces étudiants expérimenteront l’échec, soit ils se retrouveront sans emploi car ils seront défavorisés lors des exercices de sélection. C’est une bombe à retardement pour nos jeunes. On est en train d’hypothéquer leur avenir. »
Steve Obeegadoo se demande ainsi si, dans son souci d’augmenter le nombre de diplômés, le gouvernement veut « sacrifier la qualité à la quantité ». Il trouve contradictoire qu’une telle décision intervient au moment même où le Medical Council a décidé d’exiger un minimum de 3 C au HSC aux médecins.
Pour une vraie démocratisation de l’éducation, poursuit Steve Obeegadoo, « on aurait dû diversifier les filières », afin de permettre aux jeunes n’ayant pas le niveau de poursuivre des études à l’université de continuer leur apprentissage dans d’autres domaines.
Revenant au recrutement dans la fonction publique, le MMM réclame un « gel de la politique inepte » ainsi qu’un grand débat public sur la question. Cette nouvelle politique, souligne Steve Obeegadoo, équivaut à un « nivellement par le bas, dans la fonction ».
Le MMM, dit-il, ne lâchera pas ce dossier et attend la rentrée parlementaire pour exiger des explications des ministres concernés.
La Commission de l’éducation a aussi commenté le cafouillage de lundi dernier suite aux averses. Steve Obeegadoo estime que le ministre de l’Éducation Vasant Bunwaree « a démissionné devant ses responsabilités » et a fait porter le chapeau aux parents et aux maîtres d’école. Il a aussi tenu à condamner les « attaques et menaces » de ce dernier contre les journalistes et les médias. Le MMM se dit en faveur d’un protocole avec un ensemble des règles et des horaires précis pour informer le public et annoncer la fermeture des établissements scolaires.
Concernant l’arrêt des repas chauds dans les écoles ZEP, Steve Obeegadoo invite le gouvernement à respecter ses engagements. Il se dit en faveur de l’aménagement des infrastructures dans toutes les écoles primaires pour un service de restauration collective. Ce qui permettrait aux enfants de bénéficier à la fois de repas nutritionnellement équilibrés et la sécurité sanitaire des aliments. Il regrette également que le ministre Bunwaree n’ait pas trouvé mieux que de relever des accidents survenus dans la distribution de repas dans les écoles ZEP sous le gouvernement MMM-MSM pour se défendre. « Il aurait dû, au contraire, tirer leçons du passé. »