« Nous avons insisté pour avoir une copie du rapport en vain. Il y a tout un secret autour de ce document préparé par Kelly Susan Culver, du Commonwealth Secretariat », soutiennent Narendranath Gopee, Rashid Imrith et Radakrishna Sadien, respectivement de la FCSOU, FPSOU et de la SEF, soit les trois principales fédérations syndicales. N’ayant pu obtenir une copie du rapport et des réponses à leurs questions lors d’une réunion où ils étaient pourtant convoqués par le ministère de la Fonction publique jeudi, les trois syndicalistes ont effectué un walk-out.
« On nous a appelés juste pour dire qu’ils ont eu des consultations avec les syndicats », affirment les principaux concernés. Ceux-ci condamnent l’attitude du ministre de la Fonction publique et comptent rencontrer les parlementaires pour porter des questions en vue de savoir pourquoi la consultante est toujours au pays alors qu’elle a terminé son travail. Les trois fédérations syndicales donnent une semaine au ministre de la Fonction publique pour indiquer pourquoi la consultante Kelly Susan Culver est encore au pays alors qu’elle a soumis son travail depuis mars 2017 et qu’elle est censée être partie. « Qui assure ses dépenses au quotidien ? Quel package a-t-elle reçu ? » Les trois syndicalistes entendent écrire aux partis politiques pour les inviter à une réunion en vue de poser des questions au Parlement autour de la consultante et autour du rapport. Pour Rashid Imrith, « le fossé entre le gouvernement et les syndicalistes s’est davantage creusé jeudi ». Ils étaient pourtant invités personnellement par le ministère à une réunion ce jour-là concernant la réforme dans la Fonction publique. Dans la lettre d’invitation, mention est même faite que « it is imperative that Trade Unions are kept abreast of the main thrust of the Transformation Strategy and Transformation Plan as well as their impact on the expected performance of ministries/departments […] ».
Pour Narendranath Gopee, président de la FCSOU, « le ministre de la Fonction publique cache des informations. L’an dernier, on nous a consultés lors d’une session de travail. Nous avons fait plusieurs recommandations dont la restructuration du ministère de la Fonction publique et la restructuration de la PSC. Nous avions souligné l’opacité autour de la PSC et avions demandé que des représentants de syndicats puissent faire partie du panel de la PSC afin de savoir de quelle manière les nominations sont faites. Nous avons aussi souligné que le remplissage des postes vacants prend trop de temps. Nous avons émis le souhait que le gouvernement vienne avec un Public Service Bill ». Autre demande : « Que la structure du PRB soit revue. Nous avons remarqué que le PRB est une instance fantôme et fait ce qu’il veut dans son rapport. »
Revenant à la tâche de la consultante Culver, Narendranath Gopee souligne qu’il y avait un engagement pour que quand son rapport serait prêt, « on nous convoquerait pour en discuter. Jeudi, lors de la réunion, la consultante était présente et les conditions n’ont pas été respectées. Nous avons l’impression que nos propositions n’ont pas été retenues ».
De son côté, Radakrishna Sadien estime que « ceux qui accompagnent la consultante l’ont utilisée dans leurs propres intérêts. C’est un comité avec des fonctionnaires qui se sont servis en premier. On nous a appelés juste pour mettre sur papier qu’on a consulté les syndicats. Si le Conseil des ministres a donné son aval pour ce rapport, pourquoi donc les trois principales fédérations syndicales ne peuvent-elles pas y avoir accès ? C’est inacceptable ! Nous avons fait un walk-out car nous étions venus avec nos commentaires et nous voulions savoir si nos propositions avaient été retenues. Nous insistons pour avoir le rapport ! ».
Rashid Imrith indique, lui, que depuis vingt ans, les trois fédérations ont milité pour une réforme de fond en comble dans la fonction publique. « Nous avons pu apporter des changements à l’exemple de l’acte de naissance. Autrefois, cela prenait une semaine à quinze jours. Aujourd’hui, en cinq à dix minutes, on peut l’avoir. Sans l’aide d’étrangers, nous avons pu apporter des changements. Quand il y avait un plan pour la réforme, on était contre qu’il y ait un étranger. Finalement, le gouvernement a décidé de se tourner vers le Commonwealth Secretariat mais la préparation du rapport allait être épaulée par des Mauriciens dont des syndicalistes ». Rashid Imrith ajoute que Kelly Culver a commencé son travail en avril 2016 et a soumis le rapport en mars 2017. « Elle est censée partir après. Mais, elle est encore au pays ». D’où la décision des trois fédérations d’écrire aux partis politiques pour les inviter à une réunion pour éventuellement porter des questions y relatives à l’Assemblée nationale. « Nous écrirons aussi au Commonwealth Secretariat pour montrer que dans le cas où une personne qu’il a désignée ne suit pas les procédures voulues, elle est susceptible de ternir l’image de cette instance ». Il déplore de plus qu’à une question posée jeudi au ministre de la Fonction publique au sujet du PRB, « ce dernier n’a su y répondre ».