La Federation of Civil Service and Other Unions a commenté le rapport de l’Audit. Le président de cette instance syndicale, Toolsyraj Benydin, réclame des mesures correctives afin d’assainir les dépenses du gouvernement. La fédération a ainsi présenté une série de propositions, à la fois pour augmenter les rentrées d’argent et réduire le gaspillage des fonds publics.
« Accablant ! » Toolsyraj Benydin n’y va pas par quatre chemins pour décrire la situation dans le pays au vu du rapport de l’Audit pour l’exercice financier se terminant au 31 décembre 2011. « À quoi sert ce rapport si des mesures correctives ne sont pas prises par rapport aux gaspillages des fonds publics ? » s’interroge le syndicaliste, soutenu en cela par les membres exécutifs de la Federation of Civil Service and Other Unions (FCSOU). « Il s’agit de l’argent des contribuables », affirme-t-il. Et de poursuivre : « Ceux trouvés coupables de ces gaspillages doivent être en mesure de rendre des comptes. Tous les ans, c’est la même chose. Après la publication du rapport, tout retourne à la “normale”. C’est du business as usual. »
La FCSOU formule ainsi plusieurs mesures afin, d’une part, d’assainir les dépenses publiques et, d’autre part, d’offrir un meilleur contrôle sur la manière dont les dépenses sont effectuées. Des propositions sont ainsi formulées pour éviter, par exemple, le manque à gagner à travers les emprunts effectués aux organismes d’État. Certains d’entre eux peinent en effet à rembourser leurs dettes. Aussi, Toolsyraj Benydin préconise-t-il que les emprunts soient suivis de très près, et ce afin d’assurer que les organismes effectuent le remboursement. En ce qu’il s’agit de la gestion des projets de l’État, le président de la FCSOU estime que cette tâche reviendrait plutôt à un project manager ayant les compétences et l’expertise technique requises, au lieu de la confier au Permanent Secretary (PS) des ministères. Car selon lui, un PS ne peut à la fois s’occuper de la gestion d’un ministère et des finances.
Par ailleurs, les infrastructures des bâtiments de l’État devraient être préférées « au lieu de dépenser des millions de roupies en loyers aux entreprises privées ». Une démarche, ajoute le syndicaliste, qui permettrait également d’améliorer l’accueil du public et d’offrir un meilleur environnement de travail aux employés. « Le gouvernement devrait investir dans des bâtiments. Dans le long terme, il en sortira gagnant », poursuit Toolsyraj Benydin.
Un mécanisme de contrôle interne devrait également être institué au sein de chaque ministère afin d’éviter les gaspillages. Citant le cas du ministère de la Santé, et plus spécialement des médicaments périmés, Toolsyraj Benydin explique qu’un tel mécanisme aurait permis « d’empêcher les gaspillages ». Le syndicaliste déplore que des contrôles de l’audit n’aient pas été effectués au niveau des mega projects du gouvernement, concernant notamment les eaux usées et le développement routier.
Enfin, sur le volet de l’éventualité d’une baisse des salaires des fonctionnaires à hauteur de 50%, le président de la fédération qualifie la mesure de « rétrograde », ajoutant que, « de cette façon, on inflige une double punition au fonctionnaire ».