Depuis hier, une trentaine de fonctionnaires suivent une formation de “prosecutors” et d’enquêteurs sous la houlette des spécialistes du bureau du Director des Poursuites publiques (DPP). D’une durée de cinq jours, cette formation, qui vise à doter ces fonctionnaires de connaissances légales nécessaires pour défendre leurs départements respectifs en cour, se tient à la Fook House, Bourbon Street, Port-Louis.
« Mon ministère a jugé opportun d’approcher le bureau du DPP pour vous donner cette formation pour quatre raisons : aiguiser vos compétences légales pour que vous puissiez mieux représenter votre ministère ou département en cour contre des opérateurs peu scrupuleux ou rusés, vous équiper pour mieux affronter les hommes de loi dont ces personnes ont loué les services, apprendre à mieux réagir aux questions des magistrats et enfin apprendre à mieux défendre les victimes que vous représentez, surtout celles qui n’ont pas les moyens pour payer les services d’un homme de loi de leur choix ou pour loger une affaire au civil », a expliqué le ministre de la Fonction publique et des Réformes administratives. Outre Sutyadeo Moutia, étaient présents, entre autres, le Senior Chief Executive de son ministère Sateeaved Seebaluck, le Permanent Secretary par intérim Iona Mélanie Oree, le Deputy Director of Public Prosecution Iqbal Maghooa, d’autres officiers du bureau du DPP et des stagiaires.
Sutyadeo Moutia a ajouté que les raisons précitées l’ont motivé à répondre favorablement à cette demande du DPP pour organiser cette formation de cinq jours pour les “prosecutors” et les enquêteurs.
« Après cette formation de cinq jours, nous nous attendons à ce que vous puissiez d’abord traiter une enquête et le préprocès en écrivant l’acte d’accusation correctement et de telle manière que justice puisse être faite. Puis recueillir les déclarations de témoins et assumer le rôle d’enquêteur lors du contre-interrogatoire de ces témoins. Ensuite, produire les preuves nécessaires pour soutenir les accusations contre les accusés et pouvoir traiter ces preuves en toute confidentialité. Et enfin, bien mener votre rôle de “prosecutor” et d’enquêteur avec plus d’efficience et d’efficacité », affirme le ministre.
Selon Sutyadeo Moutia, le gouvernement et le judiciaire ne visent pas à recouvrer les frais des procès à travers l’imposition d’une amende ou d’une période d’emprisonnement aux accusés trouvés coupables, mais de s’assurer que tous les citoyens et les opérateurs économiques, qu’ils soient Mauriciens ou étrangers, respectent l’État de droit. « Je sais que votre tâche n’est pas facile et que bien souvent vous avez à faire face à des opérateurs économiques, des fournisseurs ou des hommes d’affaires sans scrupule et malhonnêtes qui arnaquent leurs clients, ou qui portent atteinte à notre environnement et qui croient que l’argent peut tout acheter. Ils font appel alors aux meilleurs hommes de loi sur la place, quand, par exemple, leurs produits sont saisis, un Stop Order est émis contre eux, ou quand ils violent les droits des consommateurs ou de leurs employées ».
Le ministre a exprimé sa conviction dans les principes de l’apprentissage pour la vie et du développement professionnel continu. « C’est pour offrir davantage d’opportunité de se former et de progresser aux fonctionnaires que nous caressons le projet d’un Civil Service College qui sera opérationnel d’ici quelque mois », a rappelé Sutyadeo Moutia.